Valérian et Laureline sont deux agents spatio-temporels à bord de leur vaisseau surnommé Alex. Leur première mission (du film) est de récupérer un transmutateur (Grognon de Bluxte ?), petit animal aux capacités extraordinaires. Ils doivent le récupérer sur un vaste marché extradimensionnel. L'opération ne se passera pas aussi facilement que prévu d'autant qu'un autre peuple s'intéresse à lui, les Pearls de la planète Mül. Peuple inconnu sauf de Valérian qui a rêvé d'eux et de leur monde, que le spectateur a découvert en scène d'introduction.

De là, ils retourneront sur la base Alpha menacé de l'intérieur. Un danger qu'ils devront résoudre avec le commandant Arün Filitt (Clive Owen). la base Alpha est aussi surnommée la Cité des Mille Planètes puisqu'elle est un agglomérat de modules d'une multitude de civilisations autour de l'ISS terrien.

Voilà un film maltraité par les médias et critiques américains et a priori pas super soutenu par les Français que je vais pourtant défendre - en dehors de toute polémique concernant Luc Besson et ses méthodes. N'en déplaise aux critiques américains, nous savons aussi faire des films de space opéra... Maintenant dommage que monsieur Besson ne puise pas plus dans nos acteurs pour faire ses films.
Oui, il y a une débauche d'effets spéciaux et un scénario pas forcément très innovant, mais pas si plat ou linéaire que l'on peut l'entendre. Quant aux acteurs principaux, certes pas géniaux, il y a pire. Voyons cela en détail.

Côtés effets spéciaux rien à dire. De qualités, ils sont indispensables à décrire l'univers de Valérian et la base Alpha (Point Central dans la BD). Les peuples extraterrestres sont originaux et à la hauteur de l'imaginaire de Chritin et Mézières, créateurs de la BD en 1967 (première parution dans le journal d'Asterix en novembre 67... j'étais tout juste né), série culte apparue donc bien avant Star Wars (y compris le vaisseau de Valérian que certains pensent copiés sur le Faucon Milénium).

Le scénario est un peu plus riche que les simples manigances d'un homme ou les actions d'un peuple. Il mixte tout cela avec quelques digressions scénaristiques, prétextes à de l'action (l'enlèvement de Laureline). Néanmoins l'une d'elle nous permet d'assister à l'excellent numéro de Rihana dans le rôle de Bubble (qui au passage est le nom d'un de mes chats).

Histoire superficielle ? Divertissement très certainement, mais message contre la guerre et en particulier contre les militaires aveugles, même si Okto Bar (Sam Spruel) nous rappelle que tout n'est pas noir ou blanc. Aparté sur la condition des clandestins, message écologiste, pacifiste et humaniste.
Ok, le grand vilain de l'histoire manque d'ampleur, mais, dans mon souvenir, les adversaires de Valérian et Laureline dans les BD ne sont que rarement des êtres tortueux et maléfiques.
Le choix des acteurs. Si la voix cassé française de Laureline ne m'a pas séduite, Cara Delevingne s'en sort assez bien, incarnant plutôt bien le personnage de papier au caractère bien trempé et au franc parlé et à la présence dont le rôle est au moins si ce n'est plus important que celui de Valérian.

Je suis plus mitigé sur Dane DeHann en Valérian. Son physique manque de maturité, même si après quelques gnons au visage, ça le fait plus. On finit donc par s'y habituer. Certains lui reprochent le manque de charisme de son interprétation. Lisez les BD, Valérian, qui plus est au début, est loin d'être charismatique et heureusement que Laureline est là pour l'aider (elle qui vient à l'origine de l'an mille terrien).
Nous avons le droit au passage d'Alain Chabat en un Bob iconoclaste. Sympa, sans plus.

Le film dispose aussi de belles idées tel ce marché (Yhe Big Market) basé sur un autre plan dimensionnel qui donne lieu à pas mal de petits choses amusantes.
D'autre part, l'esprit du film est tout de même très fidèles aux BD. Même si mes souvenirs remontent un peu (la dernière a été publiée en 2010), et sans en avoir une connaissance exhaustive, j'ai tout de même l'intégrale (je vous les conseille donc). Comme je l'ai dit on retrouve l'étrangeté des peuples et de leurs habitats, Point Central, les shingouz (rebaptisés Doghan Daguis on ne sait pas trop pourquoi) , les gadgets étonnants à la James Bond futuriste, les caractères des 2 personnages principaux, le rythme (un peu plus tonique dans le film) et le type d'intrigue. Bref du Valérian.

Donc film parfait ? Non je n'irai pas jusque là, il manque effectivement un petit quelque chose. Je dirai que la bande son n'est pas adéquat, ne boostant pas suffisamment les scènes d'actions et ne nous plongeant pas assez dans l'ambiance. le film manque donc un peu de peps et certains personnages n'accrochent pas assez le spectateur.
Cependant, Valérian et la cité des mille planètes est un divertissement agréable pour tout publique, positif, visuellement de haut niveau et respectueux de la BD. Alors ne boudez pas votre plaisir, loin des critiques acerbes de quelques uns, régalez-vous de cette SF made in France.

A noter que si le titre de ce premier opus (espérons d'autres épisodes) s'inspire du tome 2 de Valérian (L'Empire des mille planètes) c'est le tome 6 (L'ambassadeur des ombres) qui inspire le scénario.
Pour finir, une petite anecdote de l'auteur que je suis. Le nom de famille d'Opale, dans ma série Le Cycle de l'Eveil, fait bien sûr référence à Valérian puisqu'elle se nomme Mésière. Un caractère aussi volontaire que celui de Laureline.

