Parmi les prequels, il y a les ratés, les passables et les bons, X-Men : le commencement fait parti de la troisième catégorie.
L’histoire :
Nous sommes au tout début de l’épopée des X-Men, à l’origine de ce groupe qui n’a encore ni nom, ni même le début d’un concept au début du film.
Nous retrouvons
Erik Lehnsherr (Michael Fassbender) là où nous l’avions
précédemment vu dans le film X-men 1, c'est-à-dire dans un camp de concentration séparé de ses parents. Sa fureur avait déclenché ses pouvoirs et ce que nous n’avions pas vu alors c’est que cet
instant avait porté sur lui l’intérêt d’un scientifique allemand travaillant pour les nazis espérant lui aussi en l’avènement des mutants bien au-delà de la soi-disant race supérieure prônée par
Hitler. Il ne sortira pas totalement indemne de cette rencontre et au sortir de la guerre usera de ses pouvoirs pour traquer les officiers nazis survivants.
Parallèlement, encore adolescent, Charles Xavier (James McAvoy) déjà télépathe est persuadé qu’il n’est pas le seul mutant au monde, ce qui va vite se concrétiser par l’apparition de… (Surprise).
Des années plus tard, en pleine guerre froide, le chemin des deux hommes les réunira face au Club des Damnés dirigé par Sebastian Shaw (Kevin Bacon) et Emma Frost (January Jones). Aidé du petit génie aux grands pieds Hank McCoy (Nicholas Hoult), ils localiseront de jeunes mutants pour s’opposer aux visées apocalyptiques de Shaw.
Mon avis sur le film :
Enfin un film qui sait se passer de la 3D nous rappelant au passage que cette technologie est loin d’être indispensable….
X-Men le Commencement (First Class en VO) est un film du genre plus que correct. Si, à mon goût, l’action n’est pas assez présente (manquant peut-être d’un peu de punch – bande son un peu faible), la personnalité et plus encore l’interaction des personnages font l’intérêt du film.
Découvrir et comprendre la rage d’Erik / Magnéto et sa volonté de lever les mutants contre l’humanité sont très bien rendu. Il en va de même pour la personnalité de Raven Darkholme / Mystique (JenniferLawrence) et son évolution inéluctable.
Le parcours allant de l’amitié entre Magnéto et le Professeur Xavier à leur opposition « armée » est rendu à coup de petites touches successives avec leur opposition moral. Dans les deux cas un but final louable, mais des moyens qui rendront un des deux mauvais à l’image du Club des Damnés.
La manière dont chaque jeune mutant appréhende ses pouvoirs parfois dangereux comme pour Alex Summers (Lucas Till) ou son aspect pour Hank brosse rapidement une palette de sentiments variés qui ne sont pas sans rappeler les questions que peuvent se poser les jeunes à l’adolescence.
Bref, un film intéressant, mais peut-être pas pour les plus jeunes (dès 8/9 ans).
Quelques scènes de violence commises par Magnéto pourraient choquer / effrayer les plus jeunes même si le metteur en scène, Matthew Vaughn a évité sang et gore.
Une petite explication de texte peut aussi s’imposer avant le film pour que nos chérubins et jeunes ados y voient plus clair : qu’est-ce qu’un camp de concentration et la doctrine Nazi ? Qu’est-ce que la guerre froide et la crise de cuba ? Vous pouvez peut-être faire l’impasse sur le génome….
Et pour les vieux routards des X-Men ?
En faisant parti puisque je suis tombé dedans quand j’étais môme (vers les années 78…), je peux m’exprimer sur le sujet.
Je le répète le film ne m’a pas déçu mais il faut bien sûr le prendre pour ce qu’il est. Au même titre que l’univers Ultimate et autres « What If », il faut considérer que l’ensemble de la saga cinéma des X se situe dans un continuum espace-temps différent du nôtre – pardon de l’univers Marvel classique.
L’histoire garde donc la trame et l’idée première de l’épopée X-Men, mais à sa sauce en replaçant les personnages dans un ordre chronologique différente, avec parfois des pouvoirs altérés et des origines / motivations un peu différentes (ce qui est – hélas - particulièrement vrai pour Shaw, j’y reviendrai).
Si la « First Class » originel comics contenait Cyclope / Angel / Iceberg / le Fauve et Strange-Girl, ici nous ne retrouverons de ce quintette que le Fauve comme on le voit sur l’affiche. Viennent s’y ajouter des personnages qui apparaissent plus tard dans la série comme Havok et quelques autres qui ne sont né de l’imagination des créateurs qu’il y a quelques années même si par un petit tour de passe-passe au moins l’un d’entre eux s’est vu chronologiquement replacé avant Krakoa l’île vivante et la naissance des « nouveaux X-men ».
Les capacités de certains
individus sont soient modifiés comme c’est le cas pour Riptide (Alex
Gonzales) au point où j’ai douté que ce soit lui ou boostés dès le départ puisqu’Emma possède déjà sa
mutation secondaire comme les bandes annonces l’ont révélés.
Ce qui me ramène au cas de Shaw. Ces pouvoirs sont non seulement surboostés mais ajoutés d’un effet complémentaire proprement explosif. Cela reste acceptable.
Par contre je n’ai guère aimé sa nouvelle « origine » qui modifie complètement la mentalité du personnage et ses motivations qui dans les comics me semble plus économiques qu’autre chose. Il veut le pouvoir pour le pouvoir et non pour les mutants, même si peu à peu il dérive vers la seconde option.
Dans le film j’ai plus eu l’impression d’avoir face à moi Mr Sinistre puis Apocalypse…. Un peu gênant car autant Kevin Bacon a su jouer des « méchants » remarquables autant je le trouve un peu fade ici, tout comme le personnage de Frost.
Quant à Azazel.... je détestais déjà le personnage, origine et filliation, alors....!