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TENET : est-ce bien sûr ?
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L’inspiré Christopher Nolan, scénarise et réalise TENET, un film de science-fiction et d’actions plutôt complexe, bénéficiant d’effets spéciaux impressionnants.

 

TENET
Christopher Nolan et John David Washington : tournage de la scène d'ouverture

 

Tout commence par une prise d’otages dans un opéra qui il faut bien l’avouer n’est pas très claire ; difficile de remettre les morceaux en place de qui est qui, d’autant que cette attaque semble dissimuler volontairement ou non un autre but… Néanmoins le héros de l’histoire (non nommé) incarné par John David Washington s’y trouve avec un petit groupe qui infiltre les militaires locaux afin d’exfiltrer la cible ( ?) de l’attentat. Cette opération aura trois conséquences sur lui : le faire disparaître aux yeux des vivants (il est considéré comme mort), le faire recruter pour une mission très spéciale et lui faire croiser pour la première fois un objet inversé (une balle), car là et le cœur de film : l’inversion du temps (j’y reviendrai).

 

Tenet

 

Pour une raison qui nous est inconnue au début, un trafiquant d’armes a été doté d’une technologie futuriste (au sens littéral du terme) qu’il pourrait optimiser ce qui aurait pour conséquence d’éradiquer le présent. Pourquoi des personnes voudraient-elles faire cela ? L’explication sera très fugacement donnée et plutôt bien trouvé si l’on considère que le futur ne sera pas effacé (paradoxe). Pourquoi le trafiquant est-il prêt à la faire ? Là aussi vous le découvrirez.

Une course contre la montre commence donc pour le héros et ses alliés pour sauver le monde et accessoirement Katherine (Elizabeth Debicki), ce qui ajoute un peu de sentimentalité à la mission.

 

Côté acteurs.

John David Washington incarne parfaitement son personnage, une sorte de James Bond aux larges connaissances et un combattant hors pair. À la fois froid et professionnel, il laisse percer de l’attachement pour ses hommes et ses alliés. Un manipulateur sûr de lui qui n’hésite pas une seconde. Casting réussi.

 

TENET

 

Robert Pattinson (qui décidément n’a pas le physique d’un Batman) montre qu’il peut être autre chose qu’un vampire énamouré et ridiculement brillant. Neil est un personnage tout aussi pro que le héros, mais en plus nonchalant, laissant à penser qu’il pourrait se la jouer solo ou double jeu.

J’ai également été impressionné par la prestance de Dimple Kapadia qui incarne Susan, cette trafiquante (?) au port noble et à la conviction ferme. Néanmoins en ce qui concerne son personnage, il me semble qu’il manque d’éclaircissements entre sa présentation et le rôle qu’elle joue dans l’histoire par la suite.

Notons la présence de Michael Caine en un Crosby digne d’un M james-bondien. Un acteur « so british » toujours parfait.

Élisabeth Debicki surprend par la dualité de son personnage de Katherine, la femme du méchant de l’histoire. Elle vogue admirablement entre force et fragilité.

Nous en venons à l’excellent Kenneth Branagh alias Sator, le terrifiant mari de Katherine, et le vilain de l’histoire, un trafiquant d’armes, rusé, féroce et dangereux. L’acteur aux multiples visages nous démontre qu’il est aussi capable de se projeter dans la pire des ordures. Son visage chargé de haine est terrifiant. Un des réels points forts de l’histoire.

 

Tenet : Kenet Branagh

 

D’ailleurs le nom de son personnage n’est pas anodin, puisqu’il est l’un des mots que l’on retrouve dans le « carré Sator » datant de Pompéi même si on le retrouve ensuite ailleurs (par exemple sur le Château de Bonaguil que j’ai eu le plaisir de visiter jadis). Ce mystérieux carré de 5 lettres par 5 regroupe 5 mots formant un palindrome latin (Sator Arepo Tenet Opera Rotas) dont ont ignore l’interprétation exacte même s’il la traduction de chaque mot est presque définie (il y a un doute sur Arepo).

 

Carré Sator

 

Vous aurez remarqué que ce carré contient le titre du film : Tenet, palindrome à lui seul qui signifie « il tient en son pouvoir »… tout un programme donc qui reflète bien la / les situations de l’œuvre dont nous parlons.

 

TENET

 

Le choix d’un palindrome (mot qui peut se lire dans les deux sens) n’est bien sûr pas non plus anodin, puis que Tenet parle d’une technologie qui permet d’inverser le cours du temps d’un élément (une balle par exemple) ou de plusieurs (un groupe de soldats par exemple). Cette capacité serait liée à l’inversion de l’Entropie (toute chose tendant vers le chaos de sa structure et la perte d’énergie) et se génère grâce à une machine à l’aspect très simpliste dans le film.

 

Tenet

 

La personne inversée parcourt le temps à l’envers alors que le reste du monde autour de lui continue dans le bon sens. Il part d’un point T+1 vers le point T et les autres du point T vers le point T+1. Ce qui lui donne l’impression que son environnement est un film projeté à l’envers (alors qu’il va à l’endroit) et il en va de même pour les « normaux » qui le voient voyager le temps inversé.

Là c’est déjà casse-tête, mais il s’ajoute à cela que la scientifique qui explique le truc au début tente de nous faire comprendre que l’effet peut alors devancer la cause, ce qui en réfléchissant me paraît faux. En effet le référentiel ne peut pas être la ligne du temps normal, mais celle de la temporalité inversée et là, la cause continue à précéder l’effet. On s’y perd un peu plus.

 

Tenet

 

Ajouter à cela qu’une balle inversée ne pourrait théoriquement pas revenir dans la main (ou dans l’arme) si elle n’a pas été précédemment lâchée de la main ou tirée par le même pistolet dans une séquence inversée venue du futur.

Enfin, même si le personnage dit dans le film et la bande annonce « qu’ il ne s’agit pas de voyage dans le temps », en fait si, il s’agit bien de cela, mais en plus complexe. En effet dans Tenet, le voyageur ne se téléporte pas d’un instant T à un instant T-1 instantanément, mais il se rend de T à T-1 en suivant une inversion de sa ligne temporelle. Pour aller de vendredi au jeudi qui précède, il ne fait pas un saut temporel en une fraction de seconde, mais il se déplace seconde après seconde jusqu’à arriver à sa destination. Il lui faudra 24 heures (et il vieillira d’autant et ses blessures évolueront d’autant) s’il veut revenir 24 heures en arrière.

Donc la théorie entropique est à jeter à la poubelle et oui tout est vraiment complexe.

 

Tenet
Un peu d'oxygène pour mieux comprendre ?

 

Tenet est donc bien une histoire de voyages temporels plus complexes qu’à l’ordinaire et qui fait sciemment fit de tous les paradoxes possibles, dont celui du grand-père. Le scénario assume complètement ce rejet par la bouche de Neil.
À partir de là on peut se casser la tête à essayer de comprendre le processus et de dénicher les multiples incohérences temporelles existantes (même si le film en évite intelligemment une grande partie – celles qui auraient été le plus flagrantes) ou l’on peut simplement se laisser porter par les acteurs, l’action et les étonnantes scènes imposées par la rencontre du temps inversé et du temps normal.

 

Tenet n’en est pas moins un film dynamique où on ne voit pas le temps passé (je ne pouvais que la faire celle-là). Intéressant, mais certainement pas tout public de par sa complexité.

TENET : est-ce bien sûr ?
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Tag(s) : #Chronique Cinéma
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