Le réalisateur Guillermo del Toro n’est plus vraiment à présenter. Sa large filmographie est assez hétéroclite, allant de films assez commerciaux comme Blade 2 (2002) ou Pacific Rim (2013) à des films ayant une touche artistique reconnaissable. Ces derniers sont nombreux. Le Labyrinthe de Pan (2006) ou même les deux Hellboy (2004 – 2008) commençaient à instaurer l’aspect fantastique et esthétique de ces films. Puis vinrent Crimson Peak (2017) et la forme de l’eau (2017) ; deux réalisations qui marquent le pas.
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La qualité graphique de Nightmare Alley, tout comme son atmosphère se rapprochent de ces deux derniers : des tons délavés, une obscurité qui, malgré la couleur fait très nettement écho aux lumières des thrillers en noir et blanc de l’époque. L’esthétique est travaillée, léchée et ajustée aussi bien dans la première que dans la seconde partie du fim.
En effet Nightmare Alley se découpe très nettement en deux vastes séquences, presque deux films. Nous suivons le parcours de Stan (Bradley Cooper) qui débute démuni avant de s’envoler vers une certaine notoriété dans le milieu du spectacle. C’est ce changement de statut qui marque la transition du film.
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Toute la première partie se déroule au sein d’une foire itinérante où il trouvera un petit boulot avant de commencer à faire ses preuves. L’ambiance me rappelle celle du roman Tragic Circus. Nous sommes dans les années 40, de rares freaks (nain, femme à barbe, le sauvage) et quelques artistes dont la pure Molly (Rooney Mara) à laquelle Stan n’est pas insensible. Mais celle-ci est sous la protection d’un incontournable acteur du réalisateur : Ron Perlman alias Bruno. La foire est dirigée par le cynique et sans scrupules Clen Hoatley, incarné par le talentueux Willem Dafoe.
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Stan est un personnage ambigu qui apparaît tout d’abord comme un paumé fuyant sans passé et qui est bien heureux de trouver un toit et à mangé auprès de cette foire. Pris d’amitié par le couple Krumein (Toni Collette et David Strathairn), on le découvre assez vite ambitieux. Saine ambition ou non ? En tout cas, alors qu’il s’approprie très vite les connaissances de ces deux artistes, il décide de viser plus haut…
Après un espace de foire – cirque fait d’une certaine misère et d’expédiant, mais aussi d’une certaine fraternité parfaitement rendue, Guillermo del Toro change le décor du tout au tout. Nous voilà dans la haute société citadine, riche, spacieuse, dispendieuse, mais froide.
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C’est là qu’intervient une autre grande actrice (César d’honneur 2022) : Cate Blanchett dans le rôle de la psy Lilith Ritter. Intrigante, mystérieuse et avec une perspicacité presque aussi foudroyante que celle de Stan, elle va passer un marché avec lui…
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Avec de tels acteurs et un tel réalisateur, la mise en scène ne pouvait qu’être réussie. Elle est optimisée par la photographie et la lumière, mais aussi le travail sur les décors. L’atmosphère se pare d’étrangeté du début à la fin, presque de fantastique. L’intrigue noue ses fils avant de les dénouer. Tout n’est pas explicite, mais tout est dit, suffisamment pour que lorsque le rideau tombe, le spectateur comprenne enfin le jeu de chacun dans cette tragédie.
Si l’on voulait critiquer, on pourrait dire que la première partie est un peu longue par rapport à son importance dans la suite, mais il s’agit l’un du parcours d’un homme.
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à noter que :
- Il s'agit d'une seconde adaptation cinéma du roman Le Charlatan de William Lindsay Gresham publié en 1946.
- La première adaptation cinéma est de 1947 par le réalisateur Edmund Gouldng.
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