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L'ECUME DES JOURS; un film manqué.
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     Colin (Romain Duris), jeune homme inventif recherche l’Amour que ses amis ont trouvé de leur côté. Et il le trouve en la personne de Cloé (Audrey Tautou) qu’il épousera. Cependant cette idylle est marquée du sceau du malheur puisque la belle est gravement malade, un nénuphar pousse dans ses poumons.

     Colin va se démener pour assurer le financement des soins, s’épuisant à la tâche. Les amis du couple s’éloignent peu à peu alors que la misère gagne et que l’appartement du couple dépérit au rythme de Chloé.

 

     "L’écume des Jours" est une des nombreuses œuvres de Boris Vian (1920-1959), homme aux multiples facettes (et aux nombreux pseudonymes), touche à tout  dont musicien (trompettiste de jazz), parolier, chanteur, peintre, scénariste et bien sûr écrivain. Un homme très prolixe dans tous ces domaines. Tellement actif qu’il mourra d’une crise cardiaque liée en partie à ce surmenage et en partie à une insuffisance aortique acquise suite à une infection enfant.

     On retrouve dans le livre (et dans le film) une projection d’éléments de la vie de l’auteur Boris Vian, telle la maladie évolutive et handicapante ou la faillite qui frappe Colin et Cloé comme elle a frappé les parents de Vian lors de la crise de 1929.

 

     Après Charles Belmont en 1968, Michel Gondry est le second réalisateur à s’essayer de mettre en image l’œuvre surréaliste, voire absurde qu’est l’Ecume des Jours.

    Sur la forme il faut reconnaître que le film de Gondry s’attache à la bizarrerie poétique de Vian, cherchant à mettre en image un texte fantasmatique (dont j’ai de vagues souvenirs d’étudiants) et des mots pris au pied de la lettre comme des jeux… de mots. Pour les plus évidents : « les petits fours » ou « être sur un nuage ». Le film est truffé de ces images détraquées ou détournées, … truffé jusqu’à la limite de l’écœurement.

     Le souci de cette adaptation est qu’à force de s’attacher à vouloir mettre en valeur le monde étrange des écrits de Vian, le réalisateur semble en oublier le cœur de l’histoire qui est justement « le cœur ». En dehors de l’excentricité du monde décrit, « l’écume des jours » est avant tout une romance dramatique ou l’héroïne meurt d’un nénuphar (clairement allégorie du cancer*) entrainant dans sa chute son couple physiquement et moralement. Cette décrépitude est parallèle à celle de la maison devenant étroite, pourrie, obscure et oppressante ; une évolution et une atmosphère qui sont, elles, plutôt correctement rendues.

     Pour ma part, j’ai trouvé que le film passait à côté de ce drame par manque d’émotions. Perdu dans cet univers délirant, on ne s’attache pas aux personnages. La force de l’amour entre Colin et Cloé si elle est matérialisée dans les actes, elle ne passe pas dans les regards. La déchéance de la maison passe avant celle de Cloé et finalement sa mort tombe à plat, sans soulever une once de sentiment chez le spectateur.

     Le film agonise à petit feu par un défaut de dégraissement de l’originalité de Vian, doublé d’un manque cruel de sentiments. Malgré des acteurs talentueux (Tautou, Duris mais aussi Gad Elmaleh et Omar Si), les personnages restent vides et froids n’entrainant pas avec eux le spectateur qui reste à la porte de l’histoire, ne profitant que de l’excentricité de Vian.

 

     Tristement insuffisant alors qu’il aurait suffi d’un peu moins de … et de beaucoup plus de ….

     Vraiment dommage, il restera tout de même la décrépitude de la maison, le bar à cocktail et le seul moment de romance poétique qu’est le petit nuage.

                             

* Petit rectificatif (merci à Claude-Eric D.) : Si effectivement, à notre époque ,cette maladie fantasmatique nous fait penser au Cancer, Vian en écriavnt son roman avait plutôt en tête la tuberculose.

Tag(s) : #Chronique Cinéma
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