Deuxième guerre mondiale, Max Vatan (Brad Pitt) agent québécois du contre-espionnage se rend à Casablanca pour assassiner un ambassadeur allemand. Marianne Beasuséjour (Marion Cottillard), au passé de résistante en France, est déjà sur place où elle a préparé leur infiltration depuis plusieurs semaines (mois). L’amour naîtra entre eux et ils partiront vivre en Angleterre et se marier. Tout va pour le mieux jusqu’au jour où Marianne est soupçonnée d’être une espionne allemande et que son mari doit lui tendre un piège…

Il va mettre très difficile de parler de ce film sans spolier, aussi je vous dis tout de suite que Marianne est une espionne… ou pas !!! Ouf !!
Tout l’intérêt de l’histoire repose sur cette unique interrogation, non pas posée dès le début du film, mais dans les bandes annonces et divers pubs sur Alliés. Bref, en rentrant dans la salle on connaît l’intrigue et dès les premières secondes, le spectateur va chercher tous les indices allants dans un sens et dans l’autre. La réalisation de Robert Zemeckis (Un grand bonhomme tout de même avec Forest Gump, La mort vous va si bien ou les Retour vers le futur) se joue justement de nous, en élaguant toute suggestion trop marquée dans un sens ou dans l’autre… ce qui, paradoxalement et sans aucun doute volontairement nous offrir des pistes dans un sens ou dans l’autre. La fausse piste qui nous est offerte à un moment donné n’est en conséquence pas crédible plus de 2 secondes. Maintenant nos cerveaux excités vont imaginer d’autres scénarios pouvant inculper ou disculper Marianne (disons plutôt l’un que l’autre, mais pas de spoil !), dont un que j’ai concocté plus complexe qui aurait pu apporter un retournement plus intéressant que la fin qui nous est offerte un peu plate.

Plate en particulier parce que l’attachement aux personnages se fait, mais insuffisamment. Notre empathie n’est pas profonde ni pour l’un ni pour l’autre, même si, clairement, on aimerait que tout aille bien pour Max et Marianne.
Il faut dire que la réalisation du film modère les effusions des personnages et je ne parle pas ici d’absence de scènes « amoureuses » et d’attirance réciproque. Non, mais les personnages gardent en permanences une retenue l’un vis-à-vis de l’autre, voire même vis-à-vis des événements. Un glacis qui ne se brise que peu, même à la fin. Distance choisie par la réalisation et parfaitement interprétée par les deux protagonistes principaux.
Un petit côté "anciens films" en noir et blanc, aux stars presque immatérielles incarnant des personnages qui n'étaient pas moins des icônes de marbre.

Personnellement (avis non partagé par mon entourage), j’ai trouvé que les décors et même la texture de l’image avaient un petit côté artificiel dans le clinquant des couleurs ou la force de la lumière.
Et puis, il faut bien reconnaître que le film prend son temps pour mettre ne place le couple avant que ne tombe l’intrigue. De fait, ce n’est pas cette première partie qui est trop longue, mais plutôt la seconde qui va trop vite (sans pourtant être expédiée).
Le bilan est donc mitigé, une intrigue intéressante, même prenante, mais une réalisation trop froide et détachée, même si elle participe sans aucun doute à ponctuer le suspens.

