Nous sommes dans un futur que je qualifierai de proche. Suite à la surpopulation et au manque de denrées essentielles, le monde s’est déchiré puis reconstitué tant bien que mal. D’une part il y a les « villes nouvelles » ou Nova qui renferment la civilisation et d’autre part, ceux qui ont rejeté cet ordre est qui survivent comme ils peuvent en dehors des Nova qui semblent être les seuls à posséder encore de la technologie (électricité, eau courante, motos, mais aussi alimentations venant dont ne sait où, mais ce n’est pas le propos de l’histoire).
Dans ce monde, ils existent des individus particuliers (rien n’est dit quant à leur existence et leur vie d’avant la guerre) qui peuvent utiliser la magie. Ils se séparent en deux groupes (l’histoire de leur séparation et antagoniste est expliquée dans le livre).
On trouve donc les Wicces. Chacun d’entre eux est capable de manipuler un unique élément (terre, eau, feu, air) le catalysant à travers un artefact (pendentif ou autres objets).
Mais aussi les Magis qui, pour invoquer la magie, doivent se lier à un démon. Ils vouent une haine farouche et mortelle aux wicces.
Vous découvrirez dans le livre, quelques particularités comme les Rêveurs ou la famille Tugenstein et leur fils Athanor.
S’opposant à tous les pratiquants de la Magie, nous avons la Fraternité de la Lumière. Religieux ayant presque la main mise (ou totalement) sur certaines Nova. Leurs soldats sont équipés d’armes lourdes, mais aussi d’une armure renforçant leur vitesse et leur force. Outre l’élimination pure et simple des magis comme des wicce, gouverner les Nova et leurs citoyens dans la rigueur de la foi ne serait pas pour leur déplaire. Nous croiserons en particulier Miranda et son colossal fils Tiburce.
Les grandes lignes du monde étant posées, passons à l’histoire.
Ambre Delage de son vrai nom, Yzé vit paisiblement chez sa tante Lucy à Nova Lugdunum (anciennement Lyon) jusqu’au jour où un de ses camarades s’attaque à elle avec des pouvoirs magiques. Sans le savoir, Yzé est recherché par les chefs des magis. Lucy, une wicce d’eau, la sauve et avec l’aide d’une antiquaire Sarah Printon, wicce de terre et de Fall un wicce d’air, Yzé quitte Nova Lugdunum via une porte magique (il en existe plusieurs). Avec Fall qui se présente comme son Protecteur et sa tante, ils débarquent dans un village en dehors de toute autorité Nova, un village de Wicces sous la direction d’Astur un vieil homme cherchant à concilier tous les wicces et les hommes. Un havre de paix pour les wicces.
Yze va découvrir une réalité qui lui était inconnue ainsi que des pouvoirs pour lesquels elle est particulièrement douée (le feu). Très vite elle se fera comme ami le réservé Isaac (Air) et la plus enjouée Isobel (eau), mais aussi des ennemis en les fils Stanton : Pat et Ber. Phil, le père de deux lascars considère que les wicces sont supérieurs aux humains et qu’Astur est bien trop passif et consensuel.
Bien entendu Yzé est au cœur de la prophétie (mais laquelle ?) ce qui explique pourquoi les chefs de magis la recherchent. Elle ne peut que se retrouver au cœur des conflits d’autant que son insatiable curiosité la pousse à fouiner, à aller contre les règles et donc à s’exposer. Elle ne compte pas rester passive quand donc, et en particulier, sa tante prenne des risques ou quand l’antiquaire qui les a aidés est en danger.
Sans parler des Grands Anciens qui viennent de revenir à la vie et de nombreuses autres choses…
Yzé et le palimpseste est un roman très agréable. S’il fallait le mettre dans une case, je dirais qu’il s’adresse plutôt au public Jeune adulte, en particulier du fait de l’âge des protagonistes (autour des 16 ans), cependant nous pouvons étendre cette catégorie aux adultes.
Comme je l’aime (et comme je le pratique) il mélange dans son écriture notre modernité et la magie, le qualifiant d’Urban Fantasy ou en VF de fantasy contemporaine.
Sa lecture est facile. L’écriture de Florent Marotta est limpide tout en conservant un langage riche. Les chapitres sont courts (et nombreux) ajoutant une fluidité moderne, même si, parfois, ce découpage me paraît artificiel. L’histoire est prenante, d’autant que l’auteur sait nous dévoiler les choses petit à petit et intégrer progressivement de nouveaux éléments et quelques rebondissements inattendus (je pense particulièrement à… ou à… mais je ne dirai rien).
Yzé attire la sympathie ; son caractère aventureux et curieux est un puissant moteur de l’histoire, tout comme le mystère entourant ses origines ou la menace prophétisée qu’elle représente pour les Magis. Par contre son manque de réaction lorsqu’elle doit tuer me surprend un petit peu et ne cadre pas avec le reste du récit et des émotions explorées. Elle tue sans se poser de question avant ou après.
Les personnages qui orbitent autour d’elle ne lui cèdent que peu en intérêt. J’aime Isaac et aimerait qui se remue un peu. Matt me semble prometteur tout comme Athanor. Fall m’intéresse particulièrement (une nouvelle le concernant est dispo sur le site, pas encore lue), mais aussi la sage Abigail, l'intrigante ou Amir et son démon Logoth.
Leurs adversaires ne sont pas en reste, j’ai déjà évoqué les deux exaltés Miranda et Tiburce, mais mes Magis offrent aussi une belle brochette : Eykall le père autoritaire, Baïkal le fils en mal de reconnaissance et Myria la belle-mère manipulatrice.
Mais ils font pâle figure face aux « grands anciens » qui tels des vampires se réveillent d’un long sommeil (on ne sait pas trop pourquoi, me semble-t-il). Ces quatre cavaliers de l’apocalypse ont de quoi faire frémir : Ashahell leur chef charismatique, Mordean plus instable, Velkin dit le Poison, sophistiqué et froid comme la mort, et Bel’amrach dont le physique reflète son surnom de Cauchemar. (Guerre, Famine, Mort et Pestilence en quelque sorte. Des Magis de haut niveau liés à des démons majeurs qui ont leurs propres plans et objectifs : devenir encore plus puissant pour dominer le monde à l’aide de…
Après ce premier tome, plusieurs suites sont prévues, le deuxième opus est en cours d’écriture (premier jet d’écriture). J’espère toutefois que Florent Marotta va garder la fluidité et le rythme du premier tome et ne pas se perdre en digressions et longueurs en multipliant inutilement les tomes.
Un premier tome que j’ai bien apprécié, riche en lui-même et en promesses.
De rares bémols et une couverture qui ne m’a pas vraiment séduite qui elle clairement s’adresse plutôt aux jeunes adultes voire moins de 14 ans.
400 pages aux éditions Taurnada.


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