Nous sommes à Hollywood. Un soir, Sam (Andrew Garfield), un garçon désœuvré, fait la connaissance de Sarah (Riley Keough), voisine de quartier. Une rencontre écourtée par l’arrivée des deux colocataires de la jeune femme. Lorsqu’il veut la revoir le lendemain, celle-ci a disparu, tout comme ses colocataires, son chien et l’appartement a totalement été vidé en pleine nuit. Commence alors l’enquête de Sam qui le conduit à découvrir d’étranges secrets dissimulés derrière des messages cachés…

Scénarisé et réalisé par David Robert Mitchell, ce film relève de l’inattendu et de l’étrange. L’histoire tente de nous entraîner dans un entrelacs de codes permettant d’arriver à un but et l’explication de la disparition de Sarah. Un scénario bizarre, que certains ont rapproché des réalisations de David Lynch. Un raccourci exagéré d’autant que Lynch se double d’esthétisme.
L’histoire aussi irréaliste soit elle est certes présente comme un fils rouge pour le film qui, vraisemblablement, se construit plus sur une dénonciation et une réflexion sociétale.
Under the silver lake aborde divers sujets.
Le désœuvrement d’une génération nourrie aux faux espoirs des paillettes symbolisées ici par Hollywood. Là tout ce petit monde se dit scénariste ou acteur, même s’ils n’ont joué qu’une fois étant enfants. Ils vivent de paraître, de pseudo people, de soirées champagne, gothiques ou art nouveau, attendant de percer (et convaincu que cela arrivera un jour). En attendant, ils vivent de rien ou plutôt de prostitution…

Il évoque le gouffre qui existe aussi entre les « élites » et le « peuple ». Que leur pouvoir soit financier, social ou politique, les personnes qui le détiennent vivraient dans un autre monde que nous, avec leurs propres intérêts et buts. Pire ils manipuleraient les arts, la culture et sans aucun doute aussi les médias pour nous maintenir dans cette ignorance et à « notre place ». Le film vibre de cette paranoïa conspirationniste de bout en bout.
Le film parle aussi de chiens et surtout d’un tueur de chiens. Faut-il y voir un symbole de quelque chose ? Si oui, celui-ci m’a échappé. À moins qu’il ne soit qu’un accessoire scénaristique pour confronter Sam.

Enfin, il est évident que le film est riche de référence cinématographique, même si ma connaissance limitée ne m’a pas permis de les percevoir à leur juste titre mis à part quelques-unes.
Côté casting, une fois encore Andrew Garfield m’a étonné par son jeu qui convient parfaitement au personnage de Sam. Il m’avait déjà fort impressionné dans Tu ne tueras point. Après Spiderman, cet acteur sait rebondir et mener intelligemment sa carrière même si, clairement ce film ne caracolera pas en tête du box-office.

Au final, un film un peu top intello (pour moi) plutôt difficile d’approche même en tentant d’en extraire la substantive moelle, tant sa nature est stupéfiante.

