Pour cause personnel, Samia (Zita Hanrot), CPE, a dû quitter sa province pour venir travailler en région parisienne. Une rentrée scolaire dans un collège en zone prioritaire avec quelques élèves « difficiles » regroupés dans la troisième des « sans option ». Yanis (Liam Pierron) fait parti de cette classe. Elève à la limite de la déscolarisation, dont le meilleur ami est un gentil dealer qui le pousse à bien travailler, il a une mère attentive, mais au père en prison. Le film nous invite à suivre cette année scolaire pas toujours simple entre une équipe étonnante d’enseignants et une classe d’élèves en difficultés. Un élève qui partage quelques points commun avec Samia qui va le prendre en sympathie.

Après Patients, Grand Corps Malade et Mehdi Idir s’attaquent à un autre pan de notre société, celle du milieu scolaire en banlieue « difficile ». Ils sont à la fois scénaristes et réalisateurs. Nous retrouvons la sensibilité, la simplicité et le tableau social dans La vie Scolaire, mais aussi un humour appréciable.

L’humour est d’ailleurs le fondement des courtes Bandes annonces cinéma : sports inédits du prof de sport Redouane (Redouane Bougheraba), nez cassé de Kévin (Gaspard Gevin Hié) un gentil troublion, gueule de Van Gogh du prof d’histoire Thiery Bouchard (Antoine Reinartz) ou vannage des élèves par Moussa (Moussa Mansaly) et Dylan (Alban Ivanov). Le film est bourré de gags, de situations abracadabrantes et d’une équipe bien barrée, nous faisant vraiment passer un bon moment.

Mais derrière cela, il y a la description ou dénonciation d’un système scolaire pas toujours à même de convenir à certains élèves ou d’avoir suffisamment de souplesse pour s’adapter aux différents cas.
Le film disserte vaguement sur l’influence du milieu extérieur (et pas que familiale) à l’école pouvant tirer les élèves vers un certains dilettantismes.

Il traite également de la difficulté d’être professeur face à des élèves compliqués, même si les collégiens présentés dans la Vie scolaire sont bien sages comparés aux vrais cas à problèmes. S’ils ne sont pas de très bons élèves et peu travailleurs, ils n’ont pas une agressivité permanente vis-à-vis de leurs professeurs et leur bazar en classe me semble plus que raisonnable. La contre-réaction des professeurs et CPE varient donc : Messaoud (prof de Math) est plutôt compréhensible, Thierry est plutôt à bout.
Le film s’ingénie à mettre ne parallèle la vie des élèves et celle des professeurs, démontrant s’il en était besoin, que nous vivons tous des mêmes choses. La séquence croisé des soirées est particulièrement parlante sur ce rapprochement.
Le film n’en reste pas moins un plaidoyer pour la beauté du métier de professeur qui offre l’éducation et de clefs pour construire les esprits des élèves. Et même dans les cas difficiles, il semble toujours possible d’en sauver quelques-uns et d’essayer de tous les tirer vers le haut.
Un bon film, tendre, réaliste mais qui sait offrir l’espoir.
(à noter un générique de fin très sympa)

