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EN ATTENDANT BOJANGLES : une valse folle
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Après la pièce de théâtre que j’avais vue en 2018 (Lien vers le billet), voici l’adaptation filmée du roman d’Olivier Bourdeault, réalisé par Regis Poinsard. Celui avait déjà à son actif le mitigé Populaire (déjà avec Romain Duris) et le bien plus réussi Les Traducteurs que je n’avais pas eu le temps de chroniqué. La réalisation de En attendant Bojangles respecte l’étrangeté dramatique du récit et cette folie inhérente à celle-ci.

 

 

De fait Georges et Camille n’ont pas besoin de se plonger dans le Métaverse pour vivre leur irréalité. Rencontrés sous des cieux ensoleillés lors d’une fête privée, ils tombent tous deux sous le charme de la mythomanie de l’autre. Une dizaine d’années plus tard, en 1967, nous les retrouvons tous deux à Paris, accompagné de leur fils Gary. George est propriétaire d’un garage profitant de la manne du contrôle technique mise en place par son ami « l’ordure » (Grégory Dubois) et sa pette fortune lui permet de faire vivre sa petite famille dans un délire festif et insouciant qui convient à sa femme qui n’a guère les pieds sur terre.

 

 

Mais derrière cette vie rêvée, faite de pieux mensonges et d’inventions, peu à peu, se dessine la maladie. Le film passe du sourire aux larmes alors que le drame se développe et se joue sous les yeux de Georges amoureux fou de sa femme aux multiples prénoms et de Gary.

Si quelques effets annoncent la bascule, celle-ci demeure assez brutale, à l’instar de ce qu’il y avait dans la pièce de théâtre (mais pas dans le livre où la transition est plus subtile). Le film nous fait découvrir la psychothérapie de l’époque, bien primitive, absurde et loin de ce qu’elle est maintenant.

 

 

Parfois le langage quelque peu verbeux donne des allures de théâtre classique aux phrasés. Si cela apporte un certain charme littéraire qui peut convenir aux personnalités du couple, elle donne parfois un peu de fausseté aux dialogues.

Romain Duris en Georges est bon, un petit côté L’Arnacoeur au début, c’est Virginie Effira qui tient le haut du barreau avec une Camille qui plonge dans les extrêmes de la joie, du délire, de la beauté, du drame, de la tristesse, de la mère, de la femme et du néant. Magnifique elle l’est, confirmant son statut de grande actrice capable de tout jouer (ou presque). Dans ce trio, reste Solan Machado-Graner, le jeune Gary largement au niveau de ses aînés. Prometteur.

 

 

Une histoire étonnante et poignante, portée ici par un fabuleux quatuor d’acteurs.

EN ATTENDANT BOJANGLES : une valse folle
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Tag(s) : #Chronique Cinéma
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