Le temps de Noël est sans doute passé, mais il est encore temps de découvrir Batman Noël de Lee Bermejo (scénario et dessin) et Barbara Ciardo (couleur).
L’histoire est hors continuité, nous présentant un Batman (plus qu’un Bruce Wayne) vieillissant, plus désabusé, plus froid et plus cynique (sans être le Batman de l’excellent Dark Knight Returns de Miller). L’espoir semble l’avoir quitté, il est seul avec Alfred, son unique Robin (Richard Grayson si je me fis au costume) est mort et ne semble pas avoir été remplacé.
Le récit met en parallèle ce Batman, la vie de Bob, un père de famille un peu paumé qui a fait le mauvais choix de travailler avec le Jocker et le comte des « trois esprits de Noël » (conte de C. Dickens à l’origine) omniprésent sous la forme d’un texte revu et corrigé au double sens.
Alors qui est qui ?
Bob est bien sûr Bob Cratchit l’employé modèle et dévoué miséreux alors que l’infâme vieil avare de Scrooge n’est autre que Batman lui-même qui aura le droit à la visite de 3 esprits :
Catwoman en esprit du passé, Superman en magnifique esprit du présent et de l’espoir et le Jocker esprit froid du futur.
Outre la survie de Bob, le véritable combat est bien sûr l’humanité de Batman.
Le scénario original est agrémenté de magnifiques dessins sublimés par la mise en couleur. Dès les premières pages, Bermejo nous plonge de la lumière de Noël au sombre bas fond de Gotham.
Expression des visages, puissance ou fragilité des corps, finition du décor, cadrage, plongées et contre plongées sont sublimes. Mais plus encore c’est la lumière qui m’a séduit. Elle met en valeur la force de l’espoir (Superman par exemple) mais aussi provoque et induit les ombres, jonglant avec, luttant contre l’obscurité et se brisant souvent contre elle.
Une très belle œuvre à lire quelque soit la saison.