A la veille du salon du livre, je me devais de mettre enfin (comme promis) mon petit coup de gueule sur mon blog :
De l’existence de la Fantasy française, ou plutôt de sa diffusion.
Car oui, il y a des français auteurs de Fantasy et ce quel que soit le style de fantasy : Héroïc, Hard ou Urbaine par exemple. Il reste à trouver leurs livres.
La fantasy pour adultes (qui englobent aussi les « grands ados ») est celle dont je parle ici.
Le genre n’étant pas majoritaire – question d’affinités des lecteurs –, sa place est naturellement proportionnelle sur les tables des libraires et des grands distributeurs.
Certes.

Mais quid des auteurs français ?
Petit aperçu au sein des grands distributeurs (d’Auchan à Leclerc, de La Fnac à Cultura en passant par Virgin). Si je n’ai pas fais une étude poussée, mais juste un décompte approximatif à droite et à gauche, mon dernier survol au Cultura le plus proche de chez moi donne cela pour les livres en expositions :
>> Format classique sur 50 livres, 2 Français (P. Bordage les deux) soit 4%.
>> Format poche plus de 60 livres : 0 Français.
Pour être tout à fait honnête avec eux, ils auront bientôt 3 français en rayons puisqu’ils vont mettre le Dormeur sur table (merci à eux).
Reste que c’est assez frustrant de voir que les maisons d’éditions (ou ce qu’ils en restent) ne prennent que le risque de diffuser des traductions ayant marchées outre atlantique et s’appuyant sur un nom ou des cycles connus.
Bragelonne / Milady majoritaire sur les présentoirs n’exposent QUE des anglo-saxons. Certes c’était au départ (crée en 1 avril 2000) leur but, faire connaître cette littérature étrangère. Même s’ils ont quelques français au catalogue, ils sont très loin d’être majoritaires. Et ce n’est pas près de changer, puisqu’ils ne prennent plus de manuscrit ; ce depuis un certain temps déjà.
Bien sûr que les librairies et distributeurs ne vont pas tous avoir le Dormeur sur leur présentoir, je ne suis qu’un tout petit auteur sortant
son premier roman (excellent bien sûr) à compte participatif, mais où sont les Brasey ou les Silhol, pour ne citer qu’eux ?
Pourquoi si peu d’auteur français sur les tables ?
Ils ne vendent pas assez parce que pas assez connu va-t-on me répondre.
Sans doute, mais pour être connu encore faut-il être présent chez les distributeurs,
petits ou grands, seul moyen pour un livre ou un auteur d’exister.
Bref c’est le serpent qui se mord la queue : Pas vu, pas vendu / Pas vendu, pas exposé.
L’impasse total pour les grands auteurs français et plus encore pour les petits, d’autant que les petits maisons d’éditions n’arrivent pas non plus à s’afficher (adieu Oxymore, quid de Nestiveqnen ? quid des Moutons Electriques ?....).
Ma naïveté (légendaire) m’a donné l’illusion qu’il restait un petit coin au sein de la diffusion
littéraire (pas tout) que l’hégémonie de l’Argent n’avait pas gangréné et que la passion pouvait encore gouverner un peu.
A priori… Non !
Comme tout coup de gueule, il s’y trouve peut-être une part de subjectivité, alors n’hésitez pas à me faire part dans vos commentaires de votre propre ressenti sur la place de la fantasy française chez les distributeurs.