Deux scientifiques, le Dr Shaw (Noomi Rapace)et Holloway (Logan Marshall-Green), a priori des ethnologues ou des archéologues, découvrent sur plusieurs sites anciens la même représentation de 5 points qu’ils identifient rapidement comme étant une carte stellaire et plus encore une invitation d’une race qui pourrait être à l’origine de l’humanité (?).
Convaincu, Vickers, un vieil homme plus que riche met au point une expédition vers cette planète inconnue. Shaw espère prouver que l’origine de l’homme est extraterrestre (et ce malgré sa foi chrétienne) alors qu’Holloway, plus ambitieux encore, espère rencontrer ces êtres. Il faut ajouter à cela un autre but de Vickers, tenu secret et dont le seul dépositaire est l’androïde David (Michael Fassbender).
Arrivé sur la planète, l’expédition va effectivement trouver une construction extraterrestre et à son bord des cadavres de ces extraterrestres visiblement tué par … ?
Le résumé étant fait passons à mon appréciation de ce film ou plutôt à ma non-appréciation de ce raté total. Attention quelques micro-spoilers dans ce qui suit.
Disons-le tout de suite, si Ridley Scott s’est évertué à expliquer que Prometheus n’était plus une préquelle d’Alien alors qu’au début cela devait l’être, ça reste une préquelle d’Alien, même s’il pourrait être aussi le premier épisode d’une autre série de films – en espérant qu’il ne lui fasse surtout pas de suite (en tout cas pas aussi nulle).
Il reste que l’origine d’Alien est un peu alambiqué et qu’il aurait été possible de faire mieux à mon avis (par exemple en imaginant que le/la/les survivants, à partir des éléments déjà présents créait/ent les aliens par mutation génétique pour aboutir à une arme qu’il/elle/s auraient espérer contrôle – un juste retour des choses en quelques sortes. Cependant, il aurait encore fallu que le/la/les survivants change/ent d’opinion vis-à-vis de nos éventuels concepteurs après les épreuves traversées).
Le scénario est une suite d’absurdités et d’illogismes sur le comportement humain et en particulier scientifique.
Posons les choses : la mission doit durer au moins 5 ans en hibernation entre l’allée et le retour, sans parler de la période des recherches plus intéressantes. Bref ce n’est pas un engagement à la légère – malgré le salaire – encore moins pour des scientifiques. Pourtant la moitié de l’équipage s’engage sans connaître le but de cette mission. L’autre partie a plus d’informations.
Admettons !
Le coût d’une telle opération doit être astronomique, cependant, pour le temps « actif », il semble ne pas y avoir eu de profils psychologique des participants d’établis, en particulier s’ils sont capables un « minimum » de se confronter à une civilisation extraterrestre, ni même de vivre en petit comité ou d’obéir à des ordres (j’y reviendrai…).
Admettons !
En conclusion de quoi, dès que l’équipe tombe sur le cadavre d’un premier extraterrestre, Fifield (Sean Harris), le géologue (qui pourtant avait la tête d’un mercenaire) se déballonne entrainant avec lui, Milburn (Rafe Spall), le biologiste visiblement pas intéresser par la découverte du premier extraterrestre de toute l’histoire de l’homme ( ??????).
Admettons ??
Le pire est qu’ils vont se perdre dans le dédale qui a pourtant été répertorié par de jolis drones (ceux du géologue !) et qu’ils sont reliés au vaisseau… et personne ne se demandera pourquoi leurs véhicules sont toujours là en sortant de l’édifice….
Admettons !
Faut-il parler du droïde David capable de repérer des systèmes extraterrestre et de les faire fonctionner (la porte), mais aussi apte à parler l’extraterrestre en ayant travaillé sur des langues mortes (par définition dont on a perdu les vocalises). Sans parler de son comportement incohérent qui met en danger tout l’équipage (là je ne peux tout de même pas en dire plus, vous verrez pour ceux qui s’y risqueront).
Admettons ?!
Côté scientifique on peut aussi évoquer la grosse déprime d’Holloway, si malheureux après, quoi ? 3 ou 4 heures sur la planète de n’avoir trouvé qu’un cadavre d’extraterrestre et une de leur « base ». Si peu ? Vraiment pas de chance !
Admettons ??
Sans parler des démarches si peu scientifiques de l’équipe du genre « air respirable dans une pièce = sans doute pareil partout donc on retire les casques en faisant fi d’éventuelles microbes » ou « je viens d récupérer le corps d’un extraterrestre avant de faire des prélèvements et des analyses non invasives, je plante un stimulateur dedans » ou « je viens en paix, donc je ne prend pas d’armes ».
Admettons ?
Faut-il s’étendre sur l’absence de hiérarchie ? Du pilote (seul à surveiller les deux perdus) qui quitte son poste pour tirer son coup ? Du biologiste qui n’a rien d’un zoologue ? De l’ethnologue qui a tout de la biologiste ? Du pseudo zombi ridicule ? Du céphalopode palot encore plus ridicule ? Des extraterrestres « impulsifs » ? Du vieux au maquillage raté (pourquoi ne pas prendre un vrai vieux ?) ?
Admettons !!!!!!
Et encore, j’en passe et des meilleurs, pardon pires !
Certes nous sommes dans de la fiction – et pas de la hard fiction (loin de là) – mais on ne croit à la fiction que lorsqu’elle est cohérente. Là, on n’est loin, mais alors très loin du compte. Comment un auteur ou un scénariste peut-il laisser passer tant d’erreurs ? Bref avec tant d’aberrations, impossible de rentrer dans l’histoire.
Dommage que la personnalité du pseudo-commandant de bords, Meredith Vickers (Charlize Theron), fille de monsieur, soit gâchée par son choix final. Elle était pourtant le seul personnage à avoir gagné un peu en profondeur et en intérêt. Dommage que le parallèle créature / créateur ne soit pas plus développé à travers le rapport David / Homme et même Humanité / Extra-terrestre ; philosophie vite survolée. Deux points qui auraient pu sauver - un peu - le film.
Pour le côté Alien, on retrouve la déco du premier film agrémenté de quelques effets spéciaux plus modernes, mais avec une 3-D là encore inutile et mal usitée. Une esthétique certes agréable, mais sans grande innovation par rapport au film originel. Même les droïdes perdent toujours la tête !
Côté angoisses et frissons…euh… comment dire… ZERO ! Rien de la tension d’Alien. Rien à voir avec la bande annonce.
Pour finir, y-a-t-il quelque chose de sauvable dans Prométheus ?
Et bien oui, Prométheus, pas le film, le vaisseau qui a un beau design extérieur, même s’il n’est sans doute pas viable (pas assez lisse) ; mais là, on peut laisser couler.
Et puis – et surtout – il y a la magnifique scène d’introduction. Magnifique sur le plan esthétique, magnifique pour les effets spéciaux et magnifique car elle laisse croire à un film de fiction réussi ET intelligent (ce qui n’en sera rien).
En conclusion un beau raté qui mérite à peine un 0,5 sur 5 ! A fuir, même en DVD ou à bas prix lors de la fête du cinéma !
Un Ridley Scott au plus bas !