Un petit mot sur Shadowland qui vient de traverser l’univers Marvel France via les publications de Panini.
Tout part de Daredevil, l’homme sans peur qui fut avocat de la défense.
Depuis que le Caïd connaît son identité secrète révélée par l’ex du héro aveugle (il y a quelques années de cela), la vie de ce pauvre Matt Murdock est une véritable descente aux enfers. La révélation de son identité au grand public n’a pas aidé e, malgré quelques sursauts d’espoirs, le monde de Matt s’est progressivement effondré autour de lui. Les actes du Norman Osborn (le Bouffon Vert) lorsque celui-ci était au pouvoir n’a fait qu’achever moralement Matt.
C’est dans cet état qu’il a suivi les conseils de Maitre Izo en acceptant de devenir le Chef de la Main. Deux buts à cela : éviter que le Caïd en prenne le contrôle et transformer la Main de l’intérieur. La main est une organisation de ninjas aux visées criminelles ; Matt veut en faire une force de loi apte à faire régner l’ordre et la sécurité dans le quartier de Hell’s Kitchen et pourquoi pas à tout New-York. Un vœu pieu…
Oui, mais, en proposant la direction de la secte criminelle à Daredevil, les Daymios de la Main ont leurs propres buts de pouvoir et de chaos ; la Bête Snakeroot n’est pas loin. Le Mal pourrait dominer.
Un acte irrémédiable de Matt, « le Diable Noir », précipite les choses et invite ses anciens amis et alliés dont Iron-Fist, Luke Cage, Spiderman, Elektra ou Foggy Nelson à tenter de le remettre en question. Avec aussi Ghost Rider ou Moon Knight. Confrontation en vue à Shadowland cette forteresse construite par la Main pour Matt au cœur de Hell’s Kitchen.
Outre les affrontements, Shadowland vaut surtout pour ses complots et ses personnages au double-jeu, sans parler de la chute morale de Matt Murdock.
Cette série se répartit pour l’essentielle sur 4 parutions (encore dispo) de valeur parfois inégale :
La trame principale se déroule dans Marvel Heroes Extra 7. Le premier épisodeset les dernières pages du dernier épisode de la revue sont les plus intéressants pour cette saga ; l’affrontement global l’est moins.
En annexe, le Marvel Universe Hors série 10 est de qualité moindre.
Mention correct pour l’épisode d’Elektra utile bien que le plus violent de la série (par le trait sanglant de Rios et D’auria).
Même mention pour l’épisode de Ghost Rider pour le graphisme de Crain (vu dans X-Force) qui s’applique très bien à cette ambiance d’enfer.
Le Marvel Monster Shadowland est dense.
Si « Rues de Sang » se déroule dans le contexte Shadowland, elle n’apporte rien à l’histoire. Elle n’en reste pas moins intéressante par son approche du « commun ».
L’histoire suivante mettant en scène Moon Knight m’a moins séduit et par le scénario et par le graphisme. Cependant elle est tout à fait indispensable au passé et au présent de « Marc Spector » et à l’évolution (ou l’involution) du personnage. Son intérêt réside donc là.
Enfin, la naissance du nouveau et jeune Power Man est pas mal faite, mais ne restera pas dans l’histoire des comics.
Passons au meilleur : Daredevil 22, indispensable et qui complète Marvel Heroes (à lire en alternance). Là, nous sommes dans LA série Matt Murdock avec l’aréopage de ses proches. Graphismes, Mise en page, tension et personnalités sont au rendez-vous avec la conclusion « ultime » de Shadowland.
Au global, Shadowland est événement qui en vaut la peine, ne serait que par le chamboulement qu’il génère dans la vie de Matt et de ses proches. Une réalisation correct bien que parfois un peu trop violente (politique de donner au public ce qu’il veut ?), mais c’est dans l’ambiance de l’histoire.
Cette saga n’est pas sans me rappeler les affres que Matt Murdock avait connus lors de ce « road movie » qui l’avait confronté à Méphisto ( par Ann Nocenti / John Romita JR / Al Williamson parue en 1991 chez Semic)