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CEZARS 2022 : cérémonie réussie mais un énorme raté !
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Voilà une cérémonie 2022 que nous attendions tous après la cérémonie confinée et quelque peu bof dans l’an passé.

 

 

Le retour d’Antoine De Caunes en tant que maître de présentation était plutôt bien venu même si sa légendaire répartie et sa relative impertinence étaient moins remarquables que ses précédentes prestations. Mais peut-être qu’après 2021, il avait reçu quelques ordres pour une plus grande neutralité. Donc bienvenue pour sa dixième prestation (il n’aura pas cessé de le répéter d’ailleurs) si ce n’est un gros couac sur lequel je reviendrai et qui m’a incité à faire ce billet.

 

Donc globalement une cérémonie réussie qui pourtant aurait pu être largement plombé, et ce fort légitimement par la guerre déclarée à l’Ukraine par cet innommable tyran qu’est Poutine. Mais ce n’est pas ici le propos. L’ambiance était bonne et chaleureuse, le public présent et plus réactif qu’à son habitude comme un vrai besoin de revivre après la Covid trip ! Une bouffée d’air (avec masque malgré tout pour la majorité).

 

 

C’est Illusions perdues de Xavier Giannoli qui remporte le plus de trophées (7 sur 15 nominations) suivi de Annette de Leos Carax (franco-américain) avec 5 victoires (sur 11 nominations). L’ensemble des autres nominés ne repartent qu’avec, au mieux 1 trophée, au pire 0 (pour ne citer que ceux qui avaient au moins deux nominations : Slalom, serre-moi fort, les intranquilles, Délicieux, Eiffel, Titane, Les Olympiades, Boîte noire, BAC Nord).

 

Récompenses pour les gagnants sans aucun doute mérités, difficile de juger totalement puisque je n’ai pas tout vu, mais parfois quelques frustrations ou divergences d’avis de mon côté tant les mérites d’autres films se valent.

 

 

César d’honneur pour la remarquable Cate Blanchett dont je vous parlerai très bientôt à nouveau pour son rôle dans Nightmare Alley. Une actrice douée à la filmographie dense.

À remarquer que depuis 2009, il n’y a plus qu’un césar d’honneur et non deux et que tous ont été remis à des acteurs ou actrices non françaises à l’exclusion de l’an dernier à Jean Pierre Bacri à titre posthume (Sigh). À quand le retour de ces deux Césars d’honneur, permettant de rendre toujours hommage à un étranger, mais aussi à un Français ?

 

Côté actrices :

 

 

Meilleure : Je dois reconnaître que Valérie Lemercier (Aline, seule récompense pour 10 nominations) campe une Céline Dion plutôt réussie, mais comme elle l’a dit elle-même, elle avait un bon modèle. Je ne peux la comparer qu’à Virginie Effira dont le jeu très moderne dans Benedetta ne m’avait pas totalement séduit.

Second Rôle : Aissatou Diallo Sagna (no comment, car non vu pour le moment).

Espoir : Anamaria Vartolomei (non vu), mais je dois dire que la prestation d’Agathe Rousselle dans Titane (pas eu le temps de faire un billet dessus) m’avait convaincu. C’était pourtant un rôle difficile dans un film étrange qui ne méritait pas de repartir sans César (bon il a eu la Palme d’Or à Canne).

 

 

Côté acteurs :

 

 

Meilleur : Benoît Maginel (De son vivant, non vu) remporte le trophée. Je ne me prononcerai pas non plus, mais en ce qui me concerne mon cœur hésitait entre Gilles Lellouche (Bac Nord qui avec 7 nominations repart bredouille), Vincent Macaigne sublime dans Médecin de Nuit et Adam Driver qui est magistral dans Annette (film sur lequel je ferai un billet dès que j’aurai pu le voir en entier…) et qui au final aurait eu ma préférence et largement celle de ma cadette Romane qui a trouvé très injuste le fait qu’il n’obtienne pas le César.

Second Rôle : Vincent Lacoste (Illusions perdues) … pas convaincu pour ma part.

Espoir : Benjamin Voisin (Illusions perdues) … sans avis même si j’aime bien le jeu de Sami Outalbali dans Sexe Education.

 

Petit aparté starwasienne épisodes 7 à 9 : Lorsque je vois les prestations d’Adam Driver (Kylo Ren) dans divers films, de Daisy Ridley (Rey) dans Le crime de l’Orient- Express par exemple ou d’Oscar Isaac (Poe Dameron) en Duc Leto (Dune), je n’arrive pas à comprendre qu’ils soient si ce n’est mauvais, mais en tout cas largement en dessous dans les Star Wars suscités alors même qu’Harrisson Ford ou Carrie Fisher (sublime et regrettée princesse) sont largement au-dessus dans les mêmes films. Est-ce lié à un manque de profondeur des personnages ou à directions d’acteurs mauvaises (JJ Abrams, Rian Johnson) ?

 

Côté films :

 

Meilleur : la récompense va à Illusions perdues alors que le film Annette me paraît bien plus innovant et moderne. Bac Nord ne m’a pas emporté, le voyant plus comme un « documentaire » instructif et Aline n’était pas à ce niveau, sans pour autant démériter.

 

 

« Étranger » : The Father le mérite amplement par sa vision interne de la maladie d’Alzheimer sujet qui me touche personnellement depuis plus d’un an. Une réelle perception et mise en évidence de la maladie pour la faire comprendre à ceux qui la découvre progressivement via un proche et qui ont du mal à assimiler les réactions des malades et leur perception des faits. Avec un grand acteur : Anthonny Hopkins.

Premier : Les Magnétiques.

 

 

Documentaire : La Panthère des Neiges.

Court documentaire : Maalbeck.

Court de fiction : Les mauvais garçons.

Court d’animation : Folie douce, folie dure.

Film d’animation : Le sommet des Dieux, magnifique autant visuellement que sur la force de l’histoire. J’y reviendrai par un futur billet, mais aussi plus loin ici côté coup de gueule.

 

 

Aparté : à quand le retour des courts dans toutes les salles de cinéma avant le film !!

 

Côté scénario / réalisation, une catégorie qui en tant qu’auteur me tient forcément à cœur :

 

 

Réalisation : Leos Carax pour Annette largement mérité même si les autres films de la catégorie font preuve également d’une belle réalisation (tous vus sauf l’événement).

Montage : Nelly Quettier pour Annette en plans « séquences » et enchaînements dynamiques mêmes si là aussi les autres nominés sont justes derrières selon moi (tous vus sauf la fracture hélas toujours pas vu).

Scénario Original : Arthur Harari et Vincent Poymiro pour Onoda. Là aussi je n’ai pas fait de billet sur ce film qui pourtant le mériterait. L’histoire de japonais oubliés et respectant leurs derniers ordres qui continuent à mener une guerre terminée depuis des années.

 

 

Adaptation : Xavier Giannoli et Jacques Fieschi pour Illusions perdues. Si je n’ai pas vu les autres, je dois avouer que, comme je l’ai dit dans mon billet sur ce film cette adaptation est remarquable rendant Balzac moderne et dynamique tout en gardant son amour du détail.

 

Côté techniques :

 

Musique : Ron Mael et Russell Mael (le groupe Sparks) pour Annette.

Son : si c’est Annette qui est récompensée, je trouve que l’excellent thriller Boîte Noire qui repart les mains vides l’aurait mérité tant le son est au centre de l’histoire et un acteur à part entière de l’atmosphère.

Photo : grandement mérité pour Christophe Beaucarne (Illusions perdues)

Costumes : Pierre-Jean Larroque (Illusions perdues) même s’il est toujours difficile de comparer des films à costumes et des films modernes sur ce point.

Décors : Riton Dupire-Clément (Illusions perdues), là aussi grandement mérité.

Effets visuels : Guillaume Pondard (Annette) même si Eiffel ou Illusions Perdues étaient des concurrents qui l’auraient peut-être mérité davantage.

 

Aparté : d’ailleurs très belle présentation de l’ensemble de ces catégories mettant en valeur le travail de conception ou de trucage pour les derniers. La capacité de ceux-ci à redéfinir seulement une partie d’un vaste décor m’a fortement impressionné. N’oublions pas à ce propos que ces effets visuels ne seraient pas possibles sans les animateurs 3D par exemple que l’on retrouve donc dans l’animation d’où ma transition toute trouvée avec les ratés de la soirée et mon gros coup de gueule.

 

Si j’ai été amusé par l’intervention visiblement imprévue de Josée Garcia et son « orchestre » pour faire une blague à son ami Antoine De Caunes, je suis resté dans l’incompréhension par celle de Marie s’infiltre. Ce happening peu clair de cette humoriste / chanteuse apparaît plus comme un coup de pub que comme une démonstration artistique. Sans intérêt, sans être gênant contrairement à celle de Xavier Dolan.

 

 

Il a été invité à rendre hommage à son grand ami Gaspard Ulliel mort récemment dans un accident de ski. Son émotion était clairement palpable, mais son texte voguait plus entre une déclaration d’amour et une oraison funèbre à l’église qu’à un hommage à la carrière et à la personne de Gaspard Ulliel. Bien que respectable, outre qu’il était beaucoup trop long, le contenu ambigu et complexe, haché par la tristesse s’il m’a touché au début a fini par me gêner et me mettre mal à l’aise. Hâte qu’il arrive au bout. Le bel hommage à Jean-Paul Belmondo était bien plus dans le ton des Césars.

 

Enfin j’en viens aux remerciements de Patrick Imbert, Jean-Charles Ostorero, Didier et Damien Brunner. Un moment honteux pour les Césars et outrageux pour le réalisateur et les producteurs du Sommet des Dieux et au-delà d’eux, un manque de respect pour le cinéma d’animation qui pourtant pourrait concourir dans toutes les catégories comme ils l’ont rappelé alors qu’ils ne peuvent concourir de fait que dans une catégorie.

 

 

Certes, la cérémonie avait – classiquement – pris du retard et le premier intervenant de la catégorie était un peu long, mais guère plus que la moyenne. L’intervention de l’orchestre m’a semblé pourtant rapide et forte. Qu’elle perdure malgré la volonté des trois autres de dire un mot, dérangeante. Mais plus encore c’est l’attitude d’Antoine De Caunes (que j’apprécie pourtant) qui a été impertinente, voire inconvenante. Insisté lourdement était déjà mal poli, faire un petit show en allant se coucher (crawler ?) sur le sol pour faire rire une partie du public couvrant les remerciements et le discours des victorieux carrément outrageant.

Irrespect total, manque de considération et au-delà cela gâché un moment qui est censé resté inoubliable pour les vainqueurs. Le cinéma d’animation et en particulier le français loin des clichés des machines de guerre de the world company Disney mérite une représentation bien supérieure à cela.

Un vrai coup de gueule. Un vrai raté qui ne fait pas honneur à une cérémonie pourtant réussie par ailleurs.

Tag(s) : #Chronique Cinéma
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