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ETERNEL-22, un roman surprenant
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Eternel-22 est une belle surprise… enfin pas tout à fait une surprise puisque j’ai déjà expérimenté l’écriture d’Yvan Barbedette. Je m’aventurais donc en terrain connu, ce d’autant plus que sa nouvelle dont dérive ce roman est parue dans Tombé les Voiles (où j’ai une nouvelle) et a remporté le prix Mille Saisons 2018. Je connaissais donc une partie de l’univers et une partie du thème.

 

Nous sommes dans un futur aux atours d’utopie. L’humanité est devenue immortelle et chaque individu est relié à un ordinateur central Pandore-T qui les aide et les guide. Seule une toute petite fraction de l’humanité vit sur Terre dans une unique ville moderne et contrôlée par la même I.A. Les plus « âgées » partent vivre une autre vie dans l’espace colonisé.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes donc… enfin presque comme nous le découvrirons peu à peu, car un évènement « l’Apocalypse » est attendu avec une certaine ferveur. Mais de qui s’agit-il exactement ? Une sublimation de leur société ou autre chose ?

Et puis, il y a la période de l’harpocrate ; quelques semaines où le jeune adulte est déconnecté de Pandore-T avant d’être reconnecté et de rejoindre sa promise qui est son géniteur du sexe opposé. Roy vient d’atteindre ce stade, sauf que lui est amoureux de Rachel et pas de sa mère… se sentant ainsi contre nature. Coupé de Pandore -T, il va également découvrir la réalité du décor et croiser la route de quelques rebelles à cette société. Dans le même temps, son père revient sur Terre pour le grand évènement.

 

Sans vouloir jouer au puritain, le concept incestueux de ce monde malgré sa logique que l’on découvrira vers les deux tiers du roman m’a tout de même un peu gêné. Pour le coup, l’auteur oublie les problèmes liés à la consanguinité d’autant plus importante qu’elle est répétée génération après génération, à moins bien sûr que Pandore-T puisse intervenir sur les gènes transmis… ce qui n’est pas indiqué et irait d’ailleurs contre la démonstration de l’intérêt de l’inceste normalisé dans cette « utopie ».

 

La force du roman réside dans son alternance entre le présent et le passé lointain qui mène à la construction de cette société et la création de Pandore-T, mais aussi dans la découverte de la réalité derrière les illusions pandoriennes (tout ce que voit les personnages et embellit par Pandore, vison, goût, odorat…). Chaque personnage va être mis face à la réalité et devoir choisir entre le confort d’une illusion et le vrai. Une parabole de notre réalité ?

Les autres points intéressants sont cette réalité augmentée omniprésente et cette interconnexion. Pour moi, les deux sont à la fois fascinants, présentant certains intérêts, mais aussi effrayants comme beaucoup de technologie poussée à l’extrême d’ailleurs.

 

Je n’oublie pas la fin de l’évolution de la genèse de Pandore-T, fort bien trouvé et l’évolution du présent après ce que l’auteur qualifie dans sa chronologie « d’apocalypse ». Nous attendons un évènement surprenant et nous sommes surpris par ce Grand Évènement qui nous mène plus dans l’action alors que le reste du récit ne l’est pas ou peu. J’aurais sans doute aimé un développement un peu plus dense de cette partie, mais ce n’est pas là le propos de l’auteur.

 

Un roman de science-fiction / dystopie / anticipation (faites votre choix) qui sort des sentiers battus (en tout cas ceux que je connais). Agréable et surprenant, il est à découvrir.

 

En bonus, il est agrémenté de musiques écrites par Donat Watine, qui accompagnent certaines scènes. Plutôt bien vue, j’en ai écouté certaines en direct de ma lecture, d’autres après avoir lu le passage. La première technique met dans l’ambiance et le rythme, mais la musique disparaît derrière la lecture. La seconde fait écho à la lecture sans la soutenir. Là aussi à vous de choisir.

Une série d’illustrations réalisées par Renan Lescop. En toute honnêteté, sans remettre en cause la qualité de celles-ci, à titre personnel, je ne suis pas fan du style de l’illustrateur, même si j’aime bien la première. Après les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas.

 

En roman à découvrir aux éditions du Grimoire.

ETERNEL-22, un roman surprenant
Tag(s) : #Chronique Littérature
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