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Uncanny X-Force est la nouvelle (nouvelle… nouvelle…) mouture de X-Force scénarisé par Rick Remember et  dessiné Jerome Opeña. Ce « nouveau » groupe secret et n’ayant pas, cette fois, l’aval de cyclope vient de faire ses débuts dans X-men Universe 7 (septembre) et 8 (octobre) sit 3 épisodes de la série.

 

L’équipe se compose de :

 

Serval… oups je veux dire Wolverine, ce canadien bien connu de tous,

du mercenaire Deadpool, dément et insupportable à mon goût,

d’Arcangel tiraillé entre sa personnalité d’Angel et celle de Mort,

de sa belle et séduisante Psylocke, ninja télépathe et télékinésiste à ses heures

et du bien moins connu Fantomex, une anglo-français, mâtiné de mutant t de sentinelle, reliée à un vaisseau E.V.A, prolongation de son système nerveux, aux capacités d’illusionniste et mercenaire, voleur et sans grands scrupules.

 

 

Uncanny-X-Force-1-vc3.jpg

 

Le principe de l’équipe est au départ d’apporter une solution « définitive » à certaines menaces en allant les débusquer avant qu’elles n’agissent. Ce principe est générique à X-force depuis des lustres ou à d’autres équipes comme Justice League Task Force, mais ici le principe monte d’un grand puisque les moyens aussi violents soient-ils ne posent pas de problème.

 

Justement, éthiquement parlant (et malgré le petit logo « pour lecteurs avertis ») on peut se demander si cette dérive de principe ne pose pas problème dans un monde de super-héros qui a toujours prôné le  Bien face au Mal.

 

On peut analyser cette évolution assez globale chez Marvel sous deux angles.

Soit purement économique ; la Maison des Idées cèdent à la demande d’un public de plus en plus nourri de violence (qui plus est de plus en plus extrême) au code moral relatif aux besoins de certains (à l’image des décisions gouvernementales).

Soit on considère que l’évolution des comics suit l’évolution de la société afin d’en être le reflet se dépouillant alors de toute mission éducative, puisque rappelons-le, beaucoup pense encore que TOUS les comics sont dédiés (donc lisible) à (par) un jeune public (allant juste aux jeunes ados qui ont encore besoin de repères pour se construire… quoiqu’en disent les premiers intéressés).

Comme souvent, la vérité sur ces choix éditoriaux doit se situer quelque part entre la nécessaire rentabilité et le désir artistique.

 

Apocalypse---Ozymandia.jpg

 

Revenons à ce premier opus d’Uncanny X-Force.

 

C’est indéniable la violence est là, mais là où le scénario s’oppose à mes propos précédents c’est sur sa mise en avant par l’auteur du choix cornélien qui s’impose aux héros : tuer ou ne pas tuer l’enfant qui pourrait redevenir plus tard Apocalypse ? Choix classique : si on pouvait remonter le temps est-il justifiable de tuer Hitler enfant ? Classique, mais aussi plus subtile puisqu’en remontant le temps on agit sur un fait qui sera établi alors qu’ici, X-Force doit se formuler sur un devenir possible en se fondant sur le Mal intrinsèque à un personnage (ou son clone) et la menace qu’il fait peser sur le monde.

  

Vu le développement des épisodes et l’historique de la série X-Force précédente, on pouvait craindre une absence totale de réflexion qui plus est de réflexion éthique, puisque le moi voit, moi tue était devenu assez systématique. Me voilà ravi et heureux de voir que, malgré la violence inhérent à ce groupe, il est possible de s’interroger sur la moral d’un acte apparemment nécessaire et comme le dit Psylocke : « Si nous tuons pour ce qu’il pourrait faire, que devient-on ? ».

 

La question étant posée, la réaction des différents personnages devient un reflet assez exhaustif (même si sans doute incomplet) des options possibles. De part sa double personnalité (au développement assez récent) et son lien « intime » avec Apocalypse et Psylocke, Arcangel reflète assez bien le dilemme de tout à chacun entre nécessité et morale ; l’instinct de survie (et de vengeance) de notre atavisme animal et la conscience née de notre humanité ou de notre humanisme.

  

La décision finale reviendra à Fantomex, choix visiblement pas aussi manichéen et froid pour le personnage comme le signifie – avec brio - les auteurs par les deux dernières images de l’avant-dernière page.

Un acte et une décision qui pèsera lourd sur les âmes des protagonistes à en juger par la dernière et magnifique page ou le silence des visages en dit plus qu’un long discours.

 

X-Force----les-4-Cavalier-de-l-Apocalypse.jpg 

Chapeau au scénariste pour cette réflexion, mais aussi pour sa gestion du suspens, des coups de théâtres et pour ses Chevaliers de l’Apocalypse, tous plus innovants et intelligents es uns que les autres.

  

Chapeau au dessinateur et coloriste pour leurs merveilleuses planches, leur modernisme (tout en restant dans la précision), leur dynamisme et le rendu des émotions et des corps.

 

Bref, par son intelligence, la conclusion de cette « trilogie » fait de celle-ci un must où la violence n’est plus une simple accroche pour vendre mais un acte réfléchit.

Bravo.

 

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Tag(s) : #Comics, #Marvel
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