Mon avis n’est ni celui d’un tintoniphile, ni d’un puriste haddockien et encore moins celui d’un anti-héritier d’Hergé (Georges
Prosper REMI, 1907-1983), juste l’avis d’un spectateur et ancien lecteur de Tintin.
L’histoire en quelques mots est celle de la recherche du trésor de Rackam Le Rouge dont les indices sont dissimulés dans les répliques miniatures du bateau pirate « la Licorne ». Tintin (Jamie Bell), brillant journaliste aventurier achète par hasard une des maquettes et s’en le vouloir plonge dans l’aventure qui le mènera (dans cette version) à rencontrer le capitaine Haddock (Andy Serkis), à voguer sur mer, à survivre au désert et à croiser la route de la Castafiore (Kim Stengel). Il faudra bien sûr compter sur les Dupont (Nick Frost) & Dupond (Simon Pegg) ainsi que sur Milou indispensable fouineur et sauveur.
Parlons un peu du graphisme en rappelant qu’il s’agit ici de Motion Capture, une technique qui « transforme » le réel en film d’animation ; de quoi avoir du mal à différencier le jeu d’acteur de l’animation pur et dure. Qui fait quoi ? Je ne me pencherai donc pas plus que nécessaire sur la qualité des acteurs ; je dirai simplement que les personnages sont très bien dans leur rôle et que la plupart des visages et des mimiques ont une vraie gueule à la Hergé mais en moins lisse et en plus réaliste sauf (et c’est là où le bas blesse)… Tintin.
Mon seul reproche à ce film est ce petit quelque chose dans le visage volontairement très lisse et à l’âge indéfinissable (entre l’ado et le jeune adulte) de Tintin. Sans nul doute que ce choix correspond à une approche du visage du Tintin d’Hergé (double clin d’œil au début du fil à Montmartre), mais il y a un je ne sais quoi dans son regard (absence de paupière) qui m’a dérangé.
L’histoire est un condensé du « Secret de la Licorne » (oct 1943) et de sa suite indissociable « le Trésor de Rackam Le Rouge » (nov 1944) mâtiné d’une pincé du « Crabe aux Pinces d’Or » (nov 1941) pour générer la rencontre entre Haddock et Tintin. Une combinaison bien trouvée que l’on doit à la réécriture par le trio S. Moffat / J. Cornish / E.Wright.
L’aventure est omniprésente, l’humour également en parie sur le dos des Dupon D-T et d’Haddock.
Les clins d’œil à l’ensemble de la carrière de Tintin sont également là, de l’île Noir à L’oreille Cassé en passant par bien d’autres, avec également hommage à Hergé et selon des amis (moi, je ne les ai pas vus) une brève apparition de Stallone et Mister T (au concert de la Castafiore).
Ayant lu / relu les aventures de Tintin, il y a plus d’une décennie (voir 2), je n’ai qu’un souvenir superficiel de ces aventures, mais, selon ces émotions résiduelles, je trouve que le film d’animation de Spielberg (réalisateur) et Jackson (seulement l’un des producteurs) reprend bien l’atmosphère des BD avec sans doute une petite touche plus aventureuse à la « Indiana Jones ».
Enfant, avant ma découverte des super-héros et en particulier de Robin (Richard Graysson), Tintin était un des personnages (avec Zorro ou Tarzan) que j’aimais incarner dans mes jeux, aussi ce film d’animation fut un agréable retour aux sources.
Une belle réussite, Un bon film pour toutes les générations.
Précisons pour le casting : Ivanovich Sakharine (Daniel Graig), Ben Salaad (Gad Elmaleh) et Nestor (Enn Reitel).
Et la musique très reconnaissable de John Williams.
A suivre en 2012 avec « les sept Boules de Cristal » & « le Temple du Soleil », puis en 2015.
Sans oublier l’ancienne version live « Tintin et le mystère de la Toison d’Or » (1961) ou « Tintin et les Oranges Bleues » (1964) avec Jean-Pierre Talbot (né en 1943) dans le rôle de Tintin, un joli casting dans mon souvenir.