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BLACKKKLANSMAN - J'AI INFILTRÉ LE KU KLUX KLAN
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BlacKKKlansman est un film tiré de la vraie vie du policier noir Ron Stallworth désormais retraité et du livre qu’il avait écrit. Mise en scène par l’engagé Spike Lee, derrière l’histoire étonnante de Ron (John David Washington), ce film dénonce avant tout le racisme et qui plus est un racisme haineux et primitif (pléonasmes en effet !).

 

Spike Lee sur le tournage de j'ai infiltré le KKK
Spike Lee - David Duke et Flip

 

Ron qui a clairement la vocation s’engage dans la police d’autant que celle-ci offre des opportunités aux minorités ethniques, dans un but non avoué de s’ouvrir. Premier policier noir dans son district, il fait rapidement montre d’initiative au point de contacter le Ku Klux Klan afin de les infiltrer. Idée incongrue et absurde qui n’a apparemment aucune chance de fonctionner si son collègue Flip (Adam Driver) n’avait pas accepté de jouer le rôle de Ron physiquement et donc de le remplacer lors des contacts directs. De fait, c’est plutôt lui qui s’infiltre même si Ron est l’interlocuteur téléphonique, celui qui mène le jeu au point de contacter et de « sympathiser » le grand chef du Klan David Duke (Topher Grace).

 

Le KKK

 

Le film nous brosse donc un portrait large, mais non exhaustif des membres du Klan, du populiste et stupide Ivanoe (Paul Walter Hauser) au haineux, mais perspicace Felix (Jasper Pääkönen) en passant par la fidèle épouse tout aussi raciste Connie (Ashlie Atkinson) et bien sûr le grand chef instruit, mais tout de même xénophobe (entre autres). Eh oui, le racisme n’est pas le privilège d’une masse manquant d’instruction et/ou facilement manipulable !

Impensable de se dire qu’à notre époque, comme le montre les dernières minutes du film, que le Klan ou tout autre organisation équivalente puisse exister de droit, voir même avec la complaisance coupable de certains, tel Trump, ce lamentable personnage. La fin nous ramenant brutalement à notre présent, les messages du film n’en sont que plus incisifs, douloureux et révoltants.

Haïr une personne parce qu’il s’agit d’une extrémiste violente et dangereuse, je peux l’admettre, même si la haine me semble hors de propos dans la majorité des cas. Autant haïr une personne pour sa couleur de peau, son origine ethnique, sa religion ou sa préférence sexuelle me semble un raisonnement d’un autre âge et d’une primitivité d’esprit inimaginable. Et pourtant, comme le montre BlacKKKlansman, cette haine est factuelle. Saluons au passage l’interprétation magistrale de Jasper Pääkkönen qui met parfaitement en scène cette haine viscérale.

 

KKK Félix

 

J’ai également apprécié le jeu d’Adam Driver à la fois charismatique (comme quoi on peut ne pas être canon et jouer de grands rôles dans des films américains) et s’interrogeant sur son identité. S’il pouvait apporter un peu de cette hauteur à Kylo Ren dans le prochain Star Wars…

 

j'ai infiltré le KKK

 

JD Washington, jeune acteur à la courte filmographie, prend également sa place dans ce film. Un personnage qui navigue entre la rigueur de son emploi, sa volonté de faire reconnaître les siens et une certaine nonchalance qui permet de soulager un peu le sérieux du film. Avec sa complice Laura Harrier incarnant Patrice Dumas, chef d’un mouvement étudiant « Black Power », il pose intelligemment la recherche d’identité de l’homme noir devant concilier ou fusionner ses origines avec son appartenance américaine ; une Amérique qui encore à l’époque n’accordait que peu aux noirs, même si c’est loin d’être le Parnasse aujourd’hui.

Le côté rétro des années 70 violement marqué par les coupes afros, mais aussi, et surtout, les vêtements apportent un charme supplémentaire au film.

 

Bref un film réussi et intelligent qui n’a rien de gratuit. Il impose le problème du racisme, interroge sur l’identité à trouver pour les ethnies au sein d’une culture nationale, et rappelle la stupidité de l’homme.

 

KKK

 

Divertissant et Instructif.

BLACKKKLANSMAN - J'AI INFILTRÉ LE KU KLUX KLAN
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Tag(s) : #Chronique Cinéma
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