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ULAN BATOR, roman très décalé de Richard Tabbi
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Solo Aggrigente est un auteur alcoolique, selon lui, de polars, selon les lecteurs et les critiques, de fictions. Son heure de gloire fut brève et passée; il n'arrive plus à finir un roman. Sa vie plonge dans l'irréel lorsque sa femme Asako, sculptrice réputée part en tournée mondiale, lui laissant en garde leur fils Tom de 18 mois et que le chanteur de Kyoto Motel se fait décapité, sa tête étant greffée sur un poulet tout aussi mort, exactement comme dans un ancien roman de Solo. Débarque alors deux faux policiers mongols. Une fuite déjantée commence qui devrait le mener à la ville d'Ulan Bator.

 

Déjanté, c'est peu de le dire. J'avais beau m'y attendre, Richard Tabbi nous plonge dans la vingt-sixième dimension (au moins). Des moines étranges, des scarabée géants, beaucoup d'alcool et de couches et une histoire tellement décalée que j'ai fini par y perdre goût. S'il y a un sens caché à l'histoire, je ne l'ai pas trouvé. Bien sûr les deux dernières pages nous donnent une explication à ce récit totalement détachée du réel et de la logique. Certes l'explication tient debout, mais cela ne rend en rien l'histoire plus intéressante ou plus profonde du fait qu'il n'y a pas de parallèle mis en place pour nous raccrocher à quelque chose.

Le style sauve partiellement le roman. Efficace,, tonique, parfois vulgaire (parfois trop), souvent sarcastique, il vous entraîne dans son sillage, faisant fit de la folie du texte. C'est ce qui m'a tenu jusqu'au bout ainsi que l'espoir que la fin apporte une plus-value à l'histoire.

Reste aussi quelques bonnes idées telle la bibliothèque monastique dans laquelle les livres sont réécris avec du sang. Je veux y voir une métaphore de l'acte créateur de l'écriture.

Anciennement aux Editions du Riez (qui ont fermé leurs portes), je ne sais si ce roman est encore trouvable pour les amateurs de déjante absolue.

ULAN BATOR, roman très décalé de Richard Tabbi
Tag(s) : #Chronique Littérature
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