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Les Chants de la Walkyrie est le premier tome de trilogie de la Malédiction de l’Anneau. Publié aux Editions Belfond, elle a été écrite par Monsieur Edouard Brasey, elficologue érudit et compteur de l’imaginaire.

 


Chants de la Walkyrie
Ce livre est un  vrai bonheur et je me suis délecté de sa lecture.

 

Le style littéraire est des plus agréables. Clair, sans longueurs ou tournures alambiquées, c’est un régal de lecture. On le dévore avec une fluidité remarquable malgré la complexité du propos.
 

Justement, le propos est une remise à plat des mythes et légendes scandinaves développés dans les textes de l’Edda et apparentés. En particulier pour ce premier tome, nous allons de l’origine de la malédiction de l’Anneau par les Nibelungen à la naissance du fameux Siegfried. Riche à foison, cette histoire colportée par les scaldes (bardes celtiques) a souvent été une source d’inspiration que ce soit pour Wagner, pour Tolkien, pour Gary Gigax (créateur de Donjons et Dragons), mais aussi pour toute une foison de Bd plus récentes (par exemple Siegfried chez Dargaud ou Le Crépuscule des Dieux chez Soleil), et enfin de façon plus indirecte pour votre modeste serviteur dans le Cycle de l’Eveil (le nom Edaïs vient de là). D’autres plus audacieux y verront très certainement quelques emprunt par la religion chrétienne (le débat est ouvert …).

 

Mais le bonheur que l’on a avec les Champs de la Walkyrie et Monsieur Brasey, c’est de se rapprocher avec la plus grande fidélité possible des textes originels. Loin des simplifications, des raccourcis, des interprétations ou des modifications volontaires, nous nous retrouvons avec une image globale de ces histoires, chronologiquement posées ou intelligemment rappelées.

Grâce la grande clarté du texte, même les non-initiés à ces noms spécifiques ou à la mythologie nordique devraient s’y retrouver sans aucun problème et se délecter de ce nectar des dieux.


odin

J’ai particulièrement ressenti dans ce texte la présence implacable du Destin, cette Fata qui gouverne les Dieux… pardon les Ases et les Vanes. On ressent bien que cette liberté qu’ils semblent avoir n’est que factice et que même Odin ne peut se délier de ses droits, devoirs et pactes, et que lui, peut-être plus que tout autre, ne peut rien contre la fatalité qui doit l’emmener avec les siens au Ragnarock (le Crépuscule des Dieux). Quoiqu’il fasse le futur prédit se profile dans un horizon lugubre, ce d’autant plus qu’Odin a été marqué par la malédiction de l’Anneau.

Cette sensation permanente fait ressortir la différence entre le mortel et le dieu, nous permettant de comprendre encore mieux cette mortalité qui attire Brunhilde ou son père Odin. Même dépendant du jeu divin, l’homme garde son libre arbitre délié de tout destin, hormis de celui que les dieux essayent de créer.

Quant à Loki, son personnage et son rôle prend là toute sa dimension. Cette imminence grise est aussi un électron libre, un feu follet dans le monde d’Asgard. Lui qui n’est pas un Dieu soumis à leurs lois et leurs codes est en soi une force du chaos et du destin. Je trouve qu’il est à la fois le petit côté sournois qui sommeille en nous et la représentation du danger de la liberté absolue dépourvue de toute limite.

 

Bref, ce livre est un petit bijou et, si je peux vous donner un conseil, dès que vous aurez fini de lire le Dormeur, premier tome du Cycle de l’Eveil, ruez-vous vers ce roman au souffle divin.Edouard Brasey

 




Merci Monsieur Brasey.

 

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Tag(s) : #Chronique Littérature
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