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Comment tout monde le sait Lincoln, Abraham de son petit nom, né en 1809 dans le Kentucky fut président des Etats-Unis de 1860 à 1865 (réélu en 1864).

Député (1834-42) puis sénateur (1846) de l’Illinois, c’est un Républicain (adhère au parti en 1856) fermement anti-esclavagiste. Son élection à la présidence en 1860 favorise l’insurrection des esclaves, entrainant également la sécession des Etats du Sud qui se proclament Confédération.
La guerre de Sécession perdura durant toute sa présidence faisant des milliers de morts dans les deux camps. C’est en Janvier 1865, peu avant la fin de cette guerre, qu’il mènera son combat pour l’obtention de l’abolition de l’esclavage, le fameux treizième amendement de la constitution américaine.

Le film retrace essentiellement ce mois de janvier ne s’attardant ni sur les années précédentes, ni sur les quelques semaines qui suivent jusqu’à l’assassinat de Lincoln.
Nous voguons entre la guerre de Sécession, ses horreurs, ses morts et le combat politique teinté de manigances pour obtenir les quelques voix qui doivent manquer au passage de la loi. L’art du compromis et des accords en sous table envers les sénateurs mais aussi envers cette fameuse négociation de paix qui ne tombe pas vraiment au bon moment.
Steven Spielberg se permet également de nous inviter dans la vie privée de Lincoln (Daniel Day-Lewis), mais avec retenu et sans exagération, juste de quoi donner de la profondeur au personnage. Cette incartade derrière le politicien, nous font découvrir le mari et le père de famille. Un petit rôle pour Joseph Gordon-Levitt dans la peau de l’ainé Robert Todd Lincoln, un beau rôle pour Sally Field qui incarne Mary Todd Lincoln, entre femme de tête et femme brisée par la mort de son benjamin.

La palme revient bien sûr à Daniel Day-Lewis qui incarne magnifiquement Lincoln. Difficile de dire s’il est fidèle au personnage (faute de connaissance da ma part et faute de documents sur le sujet aussi), mais il campe un Lincoln convaincant : un grand échalas arthritique d’un charisme posé et calme, doublée d’une grande force intérieure et d’une conviction sans faille. Cet homme sage a toujours une petite histoire s’appliquant à la situation, autant de petits sourires qui parsèment le film apportant encore un coefficient sympathique à Lincoln.
L’ensemble du film, de son montage et de sa réalisation font écho à cette force tranquille. Lincoln aurait pu être un film long et barbant, mais il n’en est rien. Le rythme est régulier, à peine en adajio, mais Spielberg alterne la politique, la vie privée et la guerre sans perdre de vue le sens de l’histoire : le vote de 13ème amendement. Le propos reste clair même pour les néophytes (dont je fais parti). Les silences et les pauses récurrentes donnent de la profondeur à la réflexion des personnages en particulier de Lincoln.

La reconstitution des décors et des costumes, doublés d’une lumière chaude nous plonge immédiatement dans l’époque et nous assoie toujours dans cette atmosphère posée.
Spielberg arrive aussi à nous faire ressentir le sentiment probable de l’époque vis-à-vis de cette abolition (un oui mais…) et de la futur place de l’homme noir à côté de l’homme blanc.
Sans forcément être un film à revoir, c’est un film à voir, ne serait-ce que pour le sens de l’histoire. Une belle réussite pour un sujet qui aurait pu être « casse-figure ». Etonnement alors que le résultat nous est connu, Spielberg arrive a créé un vrai suspens sur le vote.
Précisons deux autres belles prestations (entre autre) : celle de David Starthairn dans le rôle du secrétaire d’Etat William Seward et encore plus celle de Tommy Lee Jones dans celle du républicain radical Thaddeus Steven, personnage qui nous réserve deux belles surprises.

