Alors que le noyau de la planète Krypton est sur le point d’exploser à force d’avoir été exploité, le Général Zod (Michael Shannon) fomente une révolte pour prendre le pouvoir et le contrôle des lignées kryptonniennes.
Jor-El (Russel Crowe) dénié par ses pairs a eu de son épouse Lara (Ayelet Zurer) un fils naturel libre de ces programmations génétiques. Il voit en lui le futur de Krypton, l’envoyant vers la Terre avec la mémoire génétique de Krypton.
Zod échoue, exilé avec ses troupes alors que Krypton explose.
Nous retrouvons Kal-El (Henry Cavill) adulte sur terre à la recherche de ses origines, usant discrètement de ses pouvoirs. Cette quête le mènera à croiser Loïs Lane (Amy Adams) qui enquêtera sur cette homme mystère.
C’est alors que Zod survient pour récupérer son du et recréer Krypton. Le conflit est inévitable, mais Superman aura-t-il la confiance des humains ?

Comme Batman fut revisité en trois opus par Christopher Nolan, Superman l’est par Zack Snyder (produit par Nolan), selon sa propre perception du personnage.
On peut saluer la prouesse et reconnaître que le film est une belle écriture du mythe Superman ainsi qu’une belle réalisation aidée en cela par la prouesse des effets spéciaux à laquelle nous sommes pourtant désormais habitués.
Dans le détail, le casting de Superman adulte et enfant (C. Timberline & D. Sprayberry) colle parfaitement au personnage ainsi que les Kent (K. Kosner & D.Lane), les El ou Zod. Je suis un peu plu mitigé sur le choix de Amy Adams dans le rôle de Loïs Lane, jeune femme moderne mais pas assez mature à mon goût.

Par ailleurs même si quelques flashbacks nous permettent de visiter brièvement quelques moments clefs de l’enfance de Clark Kent, il faut bien avouer que ce premier épisode manque cruellement de Clark Kent. Nous nous retrouvons donc avec un Superman amputé d’une grande partie de ce qui fait un super-héro : son identité secrète, même si le personnage n’est pas dénué de dualité qui se joue ici entre son origine alien et son appartenance à l’humanité terrienne.

De fait le film se concentre sur les origines kryptonniennes de Superman nous plongeons – un peu trop – dans un univers de science-fiction de bout en bout avec vaisseau spatial à l’appui. Le dilemme se pose sur le destin que doit suivre Superman entre la volonté de El et celle de Kent, son devoir et son besoin de rester secret, ainsi que sa peur d’être rejeté par les humains.
De même, le côté super-héro disparait un peu dans le niveau gigantesque de l’affrontement qui l’oppose à Zod, même si ce genre de conflit n’est pas inhabituel pour Superman. Disons que ce premier opus n’était peut-être pas le meilleur choix pour en faire autant… trop même. Paradoxalement la surenchère d’actions et de destructions tue un peu la force de l’action et on se demande (avec crainte) ce que Superman pourra faire de plus dans la suite, même si ces événements pourraient expliquer la « naissance » d’un Lex Luthor et sa volonté de neutraliser cet extraterrestre tout puissant.
Il est nécessaire d’évoquer l’aspect biblique du film, Superman étant l’enfant prodige douée du libre arbitre et envoyé sur Terre pour sauver les hommes d’eux-mêmes (afin qu’ils ne commettent pas les même erreurs que les kryptoniens). Alors qu’il a trente trois ans, il devra faire le choix du sacrifice pour sauver les terriens… ou non. Un propos très inutile sans aucun doute (mais aussi très américain).

Finalement le Superman de Snyder est une vision de Superman parmi tant d’autres et peut-être que les habitués du personnage classique trouveront cette perspective un peu trop spécifique, ne retrouvant leur Superman que lorsqu’il vient à la rescousse de la plateforme pétrolière.
Ce fut mon premier sentiment d’autant que le « final » va à l’encontre d’un des codes du personnage. Et puis il y a l'épilogue qui conclue sur une direction plus traditionnelle pour les suites déjà annoncées, remettant tout le film en perspective.
Ce premier Superman est belle et bien une introduction, une mise en place du personnage, passage entre son statut d’orphelin kryptonien à celui de terrien, celui de descendant de Krypton à protecteur de l’humanité. En se mettant dans cette perspective, on ne peut qu’admettre la réussite du film et attendre avec impatience la suite pour que la construction complète du personnage se fasse.
Il n’en reste pas moins qu’entre les trois surnoms de Superman, en sous titre, j’aurai choisi plutôt « Son of Krypton », gardant "Man Of Steel" pour un deuxième volet et « Man of Tomorrow » pour un ultime film.

A voir pour les amateurs de Super-héros et destruction massive.
