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     Naomi Novik, passionnée d’histoire, s’est plongée dans l’écriture d’une dischronie bonapartiste. La France est en conflit avec – entre autre – l’Angleterre qui sont ici, les héros de l’histoire alors que nous, les Français, sommes l’un de leurs adversaires.

 

                                   

 

     Les romans tournent essentiellement autour de deux figures. Tout d’abord, Will Laurence, ancien officier de marine de sa majesté, par une heureuse coïncidence se retrouve lié à un Impérial lors de la naissance de celui-ci (Tome 1). Mais qu’est-ce qu’Impérial me direz-vous ? Et bien une des races les plus rares mais aussi les plus puissantes de dragons. Ces nobles reptiles cohabitent avec les humains depuis fort longtemps et combattent aux côtés d’eux ou plus souvent sous leurs ordres.

     Voilà donc le très respectables Laurence devenu capitaine d’un dragon, au sein de l’Aerial Corps de sa Majesté. Une branche de l’armée fort utile, même indispensable, mais dont le sens de la hiérarchie et de la bienséance n’est pas au top. Ajouté à cela qu’ils emploient des femmes (certaines races n’acceptent que des femmes comme capitaine) et qu’ils chevauchent des bêtes effrayantes et vous comprendrez qu’ils ne sont que peu estimés par la population et par le reste de l’armée.

     Sa monture, nommée Téméraire, s’avère d’une intelligence et d’une érudition remarquables. Comme tout dragon (plus peut-être), il est lié à la vie et à la mort à son capitaine. Un véritable respect et une amitié sincère se sont construits entre eux.

     Ils sont de retour de la Chine après une longue mission là bas (Tomes 2 et 3) où ils ont pu découvrir tout le respect que le peuple accordait à leur dragon. Un état de fait bien éloigné de la considération portait à leurs montures fantastiques souvent considérés comme à peine plus que des animaux, de simples montures intelligentes – sauf, bien sûr par les membres de l’Aerial Corps. Notons au passage qu’un dragon comme Téméraire transporte tout un équipage armé sur son harnais.

     La mission que les deux animaux se sont donnés est d’améliorer les conditions de vie des dragons anglais. Sauf qu’à leur retour ils trouvent un désastre : un grande partie des dragons subissent les affres d’une épidémie qui les cloue au sol, ce qui, bien sûr, menace l’Angleterre d’une invasion française si Napoléon Bonaparte appartenait cette faiblesse, sans parler d ela ortalité de ces nobles montures.

     Heureusement Téméraire est immunisé et sa résistance est supposée être liée à un ingrédient qu’il aurait mangé en Afrique lors de son voyage précédent. La seule solution est de partir vers Cap Vert et d’y découvrir l’ingrédient thérapeutique.

     Mais bien sûr tout ne sera pas si simple et, en Afrique, les attendra de nouveaux dragons et une conception de ceux-ci tout à fait inédite par les tribus vivant en communion avec eux.

 

     Après le tome 3, j’avais une certaine lassitude de l’histoire, oubliant longtemps le récit avant de retomber, presque par hasard, sur le tome 4. Et, alors que je ne mis attendait pas, c’est avec un vrai plaisir que j’ai retrouvé cet univers, ces dragons, ces personnages de Téméraire à Laurence en passant par Jane, Emily ou Catherine, et tous les autres. Ravi aussi de rencontrer la famille Erasmus et les peuples africains avec leurs dragons, leurs liens et leur combat en espérant qu’ils puissent à nouveau être développés dans un autre tome pour en découvrir plus.

 

     De tome en tome, Naomi Novik a l’intelligence de renouveler la perception que peuvent avoir ses peuples des dragons. Au passage cela met en perspective notre perception de « l’Autre », comprendre l’étranger si différent et ses coutumes incompréhensibles. Un univers social auquel s’ajoute la découverte de peuples différents et dans ce tome, un débat sur l’esclavagisme. La traite des noirs est bien sûr mise en exergue par la comparaison audacieuse de la condition inférieure des dragons anglais (les français ne sont guère mieux lotis).

     Un récit en trois temps, agréable, sachant alterner pauses, réflexions et actions. La fin est la cerise sur le gâteau, offrant une véritable réorientation de Laurence et Téméraire. Un nouveau départ ? Peut-être sauf si par une pirouette, l’auteure en décide autrement.

     Une série qui arrive à se tenir correctement de tomes en tomes, capable de se renouveler et finalement à garder son intérêt.

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Tag(s) : #Chronique Littérature
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