Voilà un film qui a du en dérouter plus d’un tant la bande annonce laisser entrevoir autre chose, c'est-à-dire un film d’action où une femme devenue une « mutante » aux pouvoirs faramineux cherchait à se venger.
Et bien si, dans le film Lucy, nous retrouvons une partie de ces éléments, le propos est tout autre, l’action n’étant que l’habillage.
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Lucy (Scarlett Johansson) se voit malencontreusement enrôlé de force par une maffia chinoise (le film débute à Tapeï). Elle se voit obliger de retourner en Amérique avec dans le ventre un gros sac d’une nouvelle drogue dérivant d’une hormone de gestation permettant au cerveau de se développer.
Elle n’atteindra pas l’aéroport car on la retrouve prisonnière dans ce que l’on doit imaginer être une bande rivale qui l’aurait intercepté (pas explicité dans le film). Le sac se perce et une partie de la drogue commence à se répandre dans son ventre puis son organisme démultipliant ses capacités cérébrales et lui octroyant des super-pouvoirs.
Elle part alors quête des autres sachets afin de booster encore plus ses capacités puisque c’est là le dernier acte qu’elle aurait le temps de faire.

Réalisé et scénarisé par Luc Besson, ce film est avant tout un film de science-fiction pur et dur, c'est-à-dire traitant d’un sujet de fiction : ici l’acquisition de capacités supérieurs et quoi en faire, mais aussi la toute puissance et la divinité. Un film plus profond (tout comme l’était le thème de fond du cinquième élément) à la patte Besson : poursuites, actions, gros flingues et asiatiques, qui donnent le rythme à l’histoire mais qui NE sont PAS l’histoire.

Un mélange des genres entre film à thème et film d’actions mutant qui laisse perplexe et on fait détester le film par beaucoup à en juger les commentaires du public en sortant du cinéma. Les reproches faits sont un personnage trop puissant (Lucy vient à bout des adversaires en un claquement doigt) et un propos de fin très (trop) ésotérique.
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Le film part de l’idée reçue (fausse) que nous n’utilisons que 10 % de notre cerveau et qu’accéder au 90 % restant nous ouvrira des possibilités effarantes. Dans le film cette théorie est défendue par le Professeur Norman (Morgan Freeman) qui deviendra une sorte de mentor de Lucy.
Lucy s’ouvre donc « peu à peu » (très vite en fait) à de nouvelles capacités lui permettant de contrôler son corps, son environnement, l’esprit des autres et j’en passe. Personnage humain au départ, elle perd peu à peu cette humanité (faisant le chemin inverse de son personnage d’Under The Skin). Scarlett Johansson interprète une fois encore à merveille ce détachement et cette froideur. Le coup de téléphone à sa mère prend toute sa valeur alors qu’elle perd ses sentiments humains et se noie dans une profusion de données cosmiques et quantiques. Son seul lien avec l’humanité se fait à travers Pierre Del Rio (Amr Waked), unique intérêt réel de ce personnage.
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Dessin conceptuel d'duardo Pena
La connaissance et sa transmission s’avère un des sujets du film avec la question de jusqu’où aller pour ceux-ci ? Intéressants alors même que de nombreuses branches de la science se tourne vers les théories de« l’Information ». Et si notre réalité n’était qu’informations où la perception que nous avons de ces informations. Les théories quantiques seraient alors qu’une théorie de l’information que nous sommes capables de percevoir (et de comprendre) de l’infiniment petit. Bref information / connaissance au centre de l’univers et de la création.
Ce qui nous mène presque naturellement à la divinité avec une débat possible du film qui selon certaines opinions mettraient en exergue les théories actuelles en vogue dans une certaine Amérique d’un monde prédestiné, prédéfini par un Dieu tout puissant. Personnellement j’y ai perçu plutôt une remise au niveau de l’humain de la notion de divinité. Dieu n’est plus un pré-requis indépendant à l’aube des temps, mais une prolongation de l’humanité dans une temporalité absolue (Tout instant se déroule en même temps, début et fin se confondent « hors » du temps). Dieu est l’homme.
Le choix de Lucy n’est pas anodin puisqu’il s’agit du nom de la « première » femme donc premier ancêtre considéré comme ayant passé une nouvelle étape de conscience et d’intelligence, tout comme Lucy le réalise dans le film avec l’augmentation de son potentiel cérébral. La boucle est bouclée.
Lucy se révèle donc être un film intellectuel sous une dorure de divertissements à la Besson. Ce n’est pas un mauvais film comme le dise certaines critiques aimant descendre Besson, mais ce n’est pas non plus le film auquel on s’attend par les bandes-annonces sauf à réfléchir le style Besson au-delà des apparences de ses autres films où il fut scénariste et / ou réalisateur (Producteur ça compte moins).
Un film dont le propos perdra les plus jeunes, sachant aussi que certaines scènes sont à éviter aux âmes sensibles (pas avant 12ans à mon avis).
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Petit parallèle amusant : les iris de Lucy se colorent alors qu'elle gagane en intelligence tout comme les singes de la Planète des Singes.
