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NOUS N’ÉTIONS PAS ARMES
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Paru en 2013, dans ce livre, Christine de Védrines raconte l’effroyable domination que sa famille et elle-même ont subie de la part de Thierry Tilly et son acolyte Jacques Gonzales. Condamnés le 13 novembre 2012 par le tribunal correctionnel de Bordeaux à 8 et 4 ans de prisons. Le premier a fait appel à la suite duquel sa peine est passée à 10 ans de prison en date du 4 juin 2013.

C’est une histoire à peine croyable pour ceux qui n’ont pas été approché et tenté d’être manipulé par une secte. Thierry Tilly a approché cette famille par la belle-mère et la belle-sœur de Christine, réussissant à gagner leur confiance. Ce mythomane a pu ensuite influencer le reste de la famille du mari de Christine à ces enfants. Semant le doute à l’intérieur même des clans familiaux, puis la paranoïa à l’égard de l’extérieur, il les a peu à peu reclus, les enfermant sur eux-mêmes par peu d’un vaste complot ourdi contre leur famille par on ne sait qui.

Il les a non-seulement ruinés, mais aussi brisé et hypothéqué l’avenir de leurs enfants. Seul un déclic salvateur de Christine a pu mettre en branle, via l’aide de quelques personnes, le processus salvateur qui brisera l’emprise incroyable qu’avait Tilly sur eux et mènera au procès des deux hommes.

 

Un témoignage utile, intéressant et effrayant même s’il est souvent difficile à concevoir qu’une telle manipulation ait être mise en place par un seul homme et non pas un enfermement total sectaire.

Toutefois le livre manque cruellement d’une vue externe tout au long du récit pour décortiquer le processus psychologique qui se met en place. La préface et une brève reprise de celle-ci vers la fin de la partie rédigée par Christine (3 autres courts chapitres rédigés par son mari et ses enfants concluent le livre) ne suffisent pas à combler ce vide.

Le déroulement de l’affaire s’étalant sur plusieurs années, l’évolution progressive n’est pas non plus clairement mise en évidence puisque l’on passe essentiellement par les grandes étapes qui ont marqués cette emprise. Là aussi j’aurais aimé un déroulement plus évocateur de la modification de la perception de la réalité par les protagonistes éclairés par un commentaire professionnel.

Néanmoins, il faut bien se rappeler que nous avons affaire à un témoignage et non à un roman ou à une étude psychologique. Je le redis donc un témoignage utile et important.

Je ne peux que souhaiter à cette famille une reconstruction rapide de leurs vies soutenue par l’amour qui les lie.

           

Tag(s) : #Chronique Littérature
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