Samba (Omar Sy) est un immigrant noir, qui vit en France depuis dix ans, sans aucun papier. Arrêté, mis en centre de détention, il va y croiser Alice (Charlotte Gainsbourg), nouveau membre d’une association venant en aide aux clandestins et secondée par Manu (Izia Higelin). Célibataire, dépressive sortant d’un burn-out, elle va rapidement trouver Samba sympathique et tomber sous le charme.
Si Samba sort du centre de détention, il n’en est pas pour autant libre et avec des papiers. Plus que jamais, il va devoir se débrouiller pour vivre, sans se faire prendre, avec le soutien d’Alice, mais aussi de Wilson (Tahar Rahim), jeune homme débrouillard dans une situation équivalente à la sienne.
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Toledano et Nakache récidivent, avec le même brio (ou presque), ce qu’ils avaient réussi avec « Intouchable ». Samba n’est pas un film comique, mais un film qui parle d’un sujet grave et social, en usant de l’humour pour rendre le propos digeste et plus accessible à ceux qui ne sont pas adeptes des reportages.
Samba est parsemé de nombreuses scènes dures tant elles reflètent une triste réalité, humainement difficile. Elles se terminent généralement par un trait d’humour qui permet de désamorcer la tension induite et de donner sa légèreté au film. Le propos peut ainsi continuer en souplesse et sur un ton divertissant.
Etonnement, durant la projection, certains rires fusent inopinément, comme si certains spectateurs n’avaient pas conscience des difficultés décrites par le film et qu’ils prenaient certains faits comme une autre scène humoristique. Comme quoi, le film ne parle pas à tout le monde de la même manière et que son propos disparaitra pour certains qui ne retiendront que les gags.
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Pas question d’ouvrir ici le débat sur les sans-papiers, leur légitimité ou non, de la difficile opposition entre la nécessité nationale et l’humanité de notre cœur.
Cependant, je remarquerai tout de même l’absurdité d’au moins un loi qui confirme la situation illégale d’un sans papier, l’obligeant à quitter le territoire français par ses propres moyens et qui, dans le même temps, lui interdit de pouvoir faire des démarches pour régulariser sa situation puisque se présenter à un organisme officiel le renverrait en prison…
De même, difficile de ne pas être révolté par les profiteurs de tout poil, les fournisseurs de faux papiers certes, mais encore plus par ses patrons qui emploient sciemment, au noir, les sans-papiers. Difficile de concevoir qu’à notre époque, dans notre pays, des gens puissent attendre sur un quai d’être pointé du doigt pour avoir un travail à la journée, payé de la main à la main, et bien sûr sous-payé.
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Mais revenons au film qui parle aussi du Burn-out, lié à la pression incessante au travail au point de détruire toute vie privée.

Comme je le disais précédemment, l’humour vient au secours du sujet traité. Le scénario s’y applique avec des bons mots et des gags en finesse. Rien de gras, rien de lourd. Le film est servi par un groupe d’acteurs brillants, que ce soient les premiers rôles ou les rôles secondaires. Agréable de retrouver Hélène Vincent (Marcelle) dans cette histoire qui n’a rien « d’un long fleuve tranquille».
Omar Sy, derrière son accent renforcé, arrive parfaitement à faire passer le message entre sensibilité et humour. Charlotte Gainsbourg en dépressive réservé et amoureuse est parfaite.
Plus qu’un film comique, Samba est un film d’utilité publique pour tous, à même d’ouvrir un débat difficile et délicat.
