J’ai enfin eu la possibilité de voir « Demain », documentaire qui vient de recevoir le César du Meilleur Documentaire 2016.
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Comme l’explique l’actrice Mélanie Laurent au début du film dont elle est coréalisatrice avec Cyril Dion, ce projet vient de son inquiétude face aux prévisions alarmantes des scientifiques quant à l’avenir de notre planète.
Elle fait référence en particulier à une étude qui annonce la disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100, c’est-à-dire demain suite aux conséquences, entre autres du réchauffement climatique qui va bouleverser le climat. Rappelons ici (référence Science et Vie) que le scénario le plus probable (et le moins alarmiste) est tout de même une élévation de 2°c de la température, tout en précisant que celle-ci est une moyenne et que certaines zones seront plus touchées que d’autres. Les conséquences directes en seront par exemple :
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La montée du niveau des mers avec l’inondation de larges zones côtières habitées, partout dans le monde.
La colonisation de vastes territoires par des insectes (cropicales » comme la dengue, le chikungunya et bien d’autres.omme le moustique tigre) vecteurs de maladies « tropicales » comme la dengue, le chikungunya et bien d’autres.
Une augmentation des phénomènes climatiques extrêmes tels des pluies diluviennes ou des ouragans.
Une modification du cycle du vivant aussi bien pour les végétaux que pour les animaux.
De longues périodes de sécheresses, y compris en Europe.
Une altération des possibilités de cultures, obligeant à modifier celles-ci.
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Bref, des modifications majeures qui vont entraîner des catastrophes humanitaires, mais aussi des migrations importantes de population, réfugiés écologiques. Quand on constate le problème socio-économique (et politique) qu’entraînent les migrants actuels qui fuient la guerre, on peut imaginer la tension que créera le même phénomène multiplié par 10 ou 100, voire de véritables conflits.
Partant de ce constat pessimiste, les deux réalisateurs sont allés chercher un peu d’espoir à travers le monde, pour débusquer des solutions qui surgissent finalement de nouvelles façons de penser, plus écoresponsables, plus solidaires, plus humaines, plus locales, bien éloignées d’une économie centralisée, capitaliste vénérant l’argent pour l’argent.
Le documentaire s’articule autour d’un raisonnement en 5 chapitres. Partant de la nécessité de nourrir tout le monde (mieux et sans détruire la planète), nous dérivons sur l’énergie renouvelable, l’économie, puis la politique et enfin l’éducation. Un aperçu qui suit une logique et qui se veut dresser un bilan large.
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Bien entendu, le premier tableau nous rappelle que pour commencer, il faut manger moins de viandes puisque l’élevage épuise moins les sols et les réserves que l’agriculture. Il nous explique aussi qu’il y a d’autres moyens plus écologiques de cultiver (même s’ils font partiellement l’impasse sur le temps de travail supplémentaire que cela demande) et qu’il faut avant tout avoir une consommation de proximité.

L’énergie renouvelable face à l’énergie fossile qui de toute façon s’épuise est déclinée en géothermie, éolienne et panneaux solaires (entre autres), montrant que certains pays (Nordiques pour l’essentiel) ne sont pas loin d’atteindre l’autonomie (zéro rejet de CO2 donc). L’importance et l’intérêt du recyclage sont aussi démontrés à partir de San Francisco (qui l’eut cru ?).

Le plan économique m’a personnellement appris comment se créer l’argent. Car ce n’est pas notre gouvernement qui gère cette valeur (ou à peine), mais bel et bien les banques puisque l’argent est créé par les prêts, sa quantité augmentant par les intérêts. Cela ne fait que confirmer que nous sommes bels et bien dépendant de ce système et au-delà du système boursier pernicieux et déshumanisé faisant de l’argent une valeur en telle, bien plus considéré dans nos sociétés par la valeur de la personne et de son travail. L’argent fuit les localités pour enrichir une minorité. Nous avons vraiment perdu la tête. L’espoir est exposé dans le retour à une économie locale et une monnaie locale développée d’ores et déjà dans certaines villes en particulier en Angleterre.

Mais, bien entendu et hélas, tout cela dépend de la politique et donc du pouvoir corrupteur de quelques-uns que nous avons élus (dans le meilleur des cas). Si certains exemples de gouvernances locales communautaires issus de l’Inde donnent quelques espoirs, ceux-ci s’envolent vite (à mon sens). D’une part le pouvoir veut garder le pouvoir et fait tout son possible pour cela (exemple de l’Islande, il me semble), d’autre part, ils ne sont pas prêts à prendre les décisions qui s’imposent pour ne pas se mettre à donner les puissants lobbys économiques allant des pétroliers aux très puissants cartels agro-alimentaires… et bien d’autres qui, au final, détiennent le véritable pouvoir.

Enfin le documentaire termine sur l’importance de l’éducation avec l’exemple de 2 professeurs parfaitement formés (5 ans avec beaucoup de pédagogie), très libres, qui sont dédiés à des classes de 15 élèves (!!!!). Avec un enseignement pluriel, intellectuel, mais aussi manuel et citoyen. Bref bien loin de ce que nous avons en France.
Au final, un très beau documentaire, chargé d’espoir, mais aussi quelque part de désillusions tant il peut nous paraître impossible de modifier aujourd’hui notre économie et notre politique. Une renaissance positive ne me semble possible qu’après que nous ayons atteint un seuil de non-retour catastrophique tant le système est figé dans sa gangrène.
De fait, il fait bien reconnaître qu’une partie des exemples exposés sont pris dans des cas extrêmes tels la renaissance des jardins urbains après le cataclysme économique et la désertification de Détroit ou tel l’exemple d’une ville pauvre en Inde. Nous sommes très éloignés de notre société privilégiée (pour certains).
Pour moi, le point fort qui ressort de ce documentaire est tout de même l’importance de la structure locale, comparée à une cellule d’un organisme vivant. Si la cellule, toutes les cellules sont aptes à fonctionner correctement, l’ensemble de l’organisme ne s’en comportera que mieux.

La base de notre organisation ne doit donc plus être la centralisation par le haut et donc le pouvoir de quelques-uns, mais la structure de base qu’est le village, la ville ou un petit ensemble de bourgs dans une économie locale et une politique locale permettant aussi de développer un tissu social (nous sommes loin de la mondialisation économique actuelle). Un système qui doit pouvoir subvenir à ses besoins de base (habitats, alimentations, éducations, soins) sans pour autant se fermer aux autres. Une interaction entre chaque cellule semi-indépendante doit ensuite pouvoir se faire et ainsi élargir le cercle (département, région, pays, monde), évitant ainsi tout surpouvoir et centralisation économiques ou politiques dans le domaine de nos vies quotidiennes.

Une belle utopie… Un film d'utilité publique.
A quand un parti politique « Demain » qui reprendrait les idées de ce documentaire… ?


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