La quatrième de couverture de « l’esclave des sources » est quelque peu trompeuse, car elle nous laisse à penser que nous allons entrer dans une grande épopée « haletante », celle d'un homme face à un gouvernement oppresseur. Nous en sommes loin.
Nous nous trouvons effectivement dans une « dystopie » futuriste ou l’Europe devenue l’OEkoumène est dirigé par des dirigeants dénommés les Archontes qui dominent et dirigent une société par les artifices de la surconsommation. Eux cherchent le secret de l’immortalité, sujet qui n’est en fait à peine développé.
Face à eux de rares Cellules que l’on pourrait considérer comme des lieux secrets monastiques où des individus pacifistes, dont fera parti le personnage central, tentent de redonner la lumière et la spiritualité aux autres. Le « héro » sera arrêté et devra débattre avec un Archonte avec quelques rares intermédiaires et une conclusion que je ne dévoilerai pas.
Dans ce livre, cette histoire n’est pas développée, et au final le récit ne prend qu’une place infime du texte. Pour moi, la fiction n’est ici qu’un maigre support, prétexte à un pamphlet sur notre société actuelle. Pour se faire, l’auteur Elisha place son histoire dans un futur proche (une grosse centaine d’année) qui se veut prémonitoire, se fondant en cela sur les prévisions à juste titre alarmistes de nos scientifiques quant à l’avenir écologique de la planète. Il y ajoute une société capitaliste libérale poussée à l’extrême où le monde est sous la coupe de quelques uns, enfants des cartels et autres lobbys économiques de notre temps dont les gouvernements sont déjà forts dépendants (donc complaisants).
Bref, une dystopie qui pourrait bien pendre au nez des générations prochaines et même avant…
L'Esclave des Sources est édité par les Editions du Cerf (découverts suite à ce cadeau) assez orientées vers la spiritualité, la philosophie et les religions. Si l’on creuse à peine, on comprend qu’Elisha est un véritable moine comme suggéré sur la quatrième (Moine Elysée), amateur de fiction comme il le dit dans son interview à « Famille Chrétienne ».
Cette révélation donne bien sûr une autre perspective au livre, qui parle donc de résistance de la Foi et de la chrétienne face à une société moins pieuse. Pourtant et étonnement (a posteriori), le message religieux ne me semble pas omniprésent dans le livre, même si la spiritualité et les qualités apportés par la « solitude » monastiques sont mises en avant, permettant au héro de résister aux épreuves. Fort de ces informations, on peut lire autrement l’opposition à l’immortalité terrestre en y voyant une condamnation de cette quête par rapport à l’immortalité post-mortem octroyé par la Foi.
Peut-être suis-je simplement passé à côté du fond religieux, pour m’attacher plus au discours alarmiste socio-économico-écologique, mais il me semble toutefois que c’est bien là ce message sur le futur possible de la planète qui prime dans le recueil. J’en reparlerai dès Demain (le reportage bien sûr… cf article suivant). Bien que le côté roman ne soit pas vraiment au point, c’est cette dissertation dystopique qui a maintenu mon intérêt jusqu’au bout du livre, mais qui clairement, ne séduira pas le plus grand nombre de lecteurs si ceux-ci s’attendent à une véritable histoire.
Pour finir petite citation du roman :
« Renverser l’injustice par le violence, ce n’est jamais que changer de tyrannie »
