Rose-Lynn Harlan (Jessie Buckley) est une jeune mère qui sort juste d’un an de prison pour avoir fait passer de la drogue. Elle rentre chez elle et se retrouve entre la réalité de sa vie que sont ses deux enfants et trouver un travail et le rêve qui lui tient au corps : devenir chanteuse de Country et pour cela elle veut se rendre à Nashville, ce qui demande quelques fonds.
Elle trouve par chance un travail comme femme de ménage chez la famille bourgeoise de Susannah (Sophie Okonedo) et seconde chance, celle-ci sympathise avec elle. Mais sa chance va-t-elle se poursuivre ou risque-t-elle de tout perdre en voulant concilier son rêve et sa vie.

Film typiquement anglais réalisé par Tom Harper III et scénarisé par Nicole Taylor, Wild Rose nous entraîne dans les quartiers ouvriers de Glasgow (en Écosse donc). Des quartiers aux HLM ternis et aux appartements étroits, reflétant une morosité ambiante.
La vie y est dure comme le dit – sans le dire – Marion (Julie Walters) la mère de Rose. Un job sans envergure, juste suffisamment rémunérateur pour vivre. Une femme attachée à la réalité et même si elle aime sa fille, elle ne peut pas adhérer à un rêve qui exclut ses enfants. Un jeu posé, d’une femme qui a vécu.

Pour Susannah, c’est bien sûr une autre histoire, un contraste marqué, même si nous ne sommes pas dans une différence sociale aussi marquée que dans Parasite. Mais elle vient aussi « d’en bas » aussi sa sympathie n’est pas forcément feinte. Par contre il est possible de se demander si elle n’aspire pas à vivre par procuration le rêve de Rose.
Ce fameux rêve qui fait de Rose ce qu’elle est, qui lui donne vie. Mère trop jeune, aspirations brisées, Jessie Buckley fait bien ressortir le dilemme de Rose. Le film nous conduira dans ses choix, espoirs et échecs… Notre vie à tous, en tout cas de ceux qui n’oublient pas leurs rêves.

Entre film social et film chanté – je ne dirai pas comédie musicale –, nous profitons de la très belle voix de l’actrice J. Buckley et de plusieurs chansons country – pas western -. Ceci implique de supporter la country à dose raisonnable.
Un film intéressant à la fois enjoué et introspectif. Certes la réalisation est assez académique et ne recherche pas l’exploit. Rien de grandiose donc, mais elle épouse la vie de Rose. L’histoire effleure les sentiments des 2 enfants qui sont aussi présents qu’ils peuvent l’être pour les sentiments Grand 8 de Rose.
Un film qui sait faire son nid toute en discrétion et qui devrait nous laisser si ce n’est un grand souvenir, une trace, comme quelques paroles et 3 accords.

