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« Les Choniques du Soupir » est l’avant dernier roman en date de Mathieu Gaborit (Le dernier étant « D’une rive à l’autre »).

 

On ne présente plus M. Gaborit… ? Né en 1972, rôliste qui s’est tourné vers l’écriture, il est l’auteur, entre autre des « Chroniques du Crépusculaires » et des « Chroniques des Féals ». A noter que ces deux Chroniques ont été adaptées en Jeux de rôles.

 

                         Les Chroniques du Crépusculaire - Mathieu Gaborit               Les Chroniques des féals - Mathieu Gaborit

 

Avec les Chroniques du Soupir, Mathieu Gaborit nous conduit encore dans un univers bien singulier dominé par les Fées. Cette omniprésence salutaire des fées va jusqu’au cœur des êtres pensants (au sens littéral du terme) puisque suite à une rupture de taille, les fées se sont insinuées dans les cœurs pour sauver la vie. Elles sont le « moteur » de la circulation sanguine, mais aussi le Souffle. Comprendre ici pas seulement le souffle de vie, mais aussi le Souffle, matière première de la magie que beaucoup semble capable de pratiquer à différents niveau. Toutes ces « mini » fées sont liées aux Lignes de Vie générées par de « grandes » fées dominant les villes.

 

Bénédiction ou malédiction que cette symbiose ? Là est une partie du débat.

 

Dans ce monde où se côtoient elfes frêles, sirènes « terrestres », colosses de sels et humains, l’auteur a choisit de nous faire suivre la trajectoire de la naine (plus par la corpulence que par la taille) Lilas et de sa famille. Ancienne chef  de la garde de la Haute Fée reine de Médiane, Lilas est devenue aubergiste, là où son « défunt » époux, Frêne, s’est ancré. Elle se voit confronter au choix de son fils aîné Saule qui s’est lié à une jeune humaine de 16 ans, Brune, au Souffle Renégat.

Cependant la Haute Fée ne voit pas la disparition de sa protégée d'un bon œil et elle lance ses troupes à la poursuite de Brune et de son « père adoptif » Saule.

Cette course pour la survie de son fils emmènera Lilas bien loin de chez elle et emportera également le lecteur sur un sentier qui va au-delà de l’existence de quelques individus car… (à vous de lire, je ne vais quand même pas tout vous dire).

 

Voilà une fantasy qui réussit l’exploit de tenir dans un seul volume d'à peine 300 pages, ce qui est assez rare pour le signaler.

Une fois encore Mathieu Gaborit nous offre un monde original, sortant des sentiers battus, enrichie de cette magie des Souffles très particulière aux multiples usages.

 

Défaut de ses deux qualités ci-dessous, la densité du monde rentre en collision avec l’étroitesse du format, ne nous laissant que peu de temps pour nous familiariser avec cette magie et la spécificité du monde. Le lien entre les Hautes Fées, les fées, les Lignes de vie, l’ancrage et le Souffle (et j’en passe) n’est pas intuitif et le lecteur peut avoir un peu de mal à s’y retrouver au départ même si la clarté se fait peu à peu. De même les motivations des Sirènes me sont restés un peu obscures (intérêt "politique", doutes sur la réalité de certains faits, ...?).

 

Outre l’histoire, l’idée de Dieu (comprendre un créateur conscient) fait irruption dans le récit, un peu abruptement sans doute, même si le principe est évoqué vers le début du roman. Associés à elle et de manière plus récurrente dans le récit, ce sont la liberté et le libre arbitre qui se font jour dans ces chroniques ainsi que le sacrifice choisi pour l’être aimé – ce quelque soit cet amour (marital, filial ou amical).

L’Amour avec un grand « A »est donc fortement présent dans ce roman (à ne pas confondre avec l’amour midinette) et Gaborit le présente comme une véritable valeur de vie. Je mettrai tout de même un petit bémol à la relation entre Saule et Brune dont l’ambigüité évidente m’a chagriné.

 

Si les Chroniques du Soupir est un récit tout public, sa densité concise pourra désorienter certaines personnes. Par ailleurs, pour apprécier les thèmes abordés, une maturité minimale me semble requise.

 

Si elle manque parfois de développement, l’écriture est agréable. Cependant la présence dans le texte du Souffle reflétant son importance pour ce monde est d’une omniprésence presque asphyxiante ; un peu d’oxygène aurait été le bienvenu sur certains passages (en particulier au début du récit où notre compréhension du sujet est loin d’être exhaustive).

 

L’originalité du monde s’avère fascinante et les personnages intéressants bien que l’on manque de temps pour s’attacher vraiment à certains d’entre eux.

 

Chronique du Soupir - Mathieu Gaborit 

 

Même s’il n’est sans doute pas le meilleur de Mathieu Gaborit, Chronique du Soupir se révèle un roman agréable dont l’intérêt principal repose sur la découverte d’un univers foisonnant et unique en son genre. La personnalité de Lilas est un bonus non négligeable.

 

A découvrir aux Editions du Prè aux Clercs.

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Tag(s) : #Chronique Littérature
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