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Voilà encore un film qui surfe sur la vague de la remise à jour des contes anciens. "Jack, le Chasseur de Géants" tire sa substance de "Jack et le Haricot Magique" et sans doute aussi de "Jack le Tueur de Géants", deux récits dont les origines se sont perdues dans le temps et qui ne semblent pas reliées entre elles. Toutes deux mettent en scène un jeune homme de Cornouailles, Jack, "contemporain" du roi Arthur et affrontant un ou des géants selon l’histoire et les multiples variantes.
Instinct et ruse.
Aujourd’hui, Bryan Singer nous en offre une version enrichie avec son film.
Dans sa tendre enfance, Jack (Nicholas Hoult) a été bercé par la légende des géants vaincus par un roi ancestral. Victoire obtenue grâce à une couronne magique, les géants furent bannis en leur royaume situé au-delà des nuages. Devenu adulte, désormais élevé par son oncle (Christopher Fairbank), Jack doit se rendre au château pour vendre leur unique cheval afin de pouvoir survivre.

Trio gagnant.
Il y arrivera alors qu’un moine (Simon Lowe) tente de s’enfuir avec son larcin : des haricots volés dans la chambre de Roderick (Stanley Tucci). Celui-ci a été promis par le roi Brahmwell (Ian McShan) à sa fille Isabelle (Eleanor Tomlinson), elle aussi bercée par la même légende que Jack. Mais Roderick a des plans bien plus sombres en tête que ce simple mariage.

Un petit air du merlin de la série TV (sans les oreilles décollées) ?
Jack échange le cheval contre les haricots présentés comme des reliques religieuses et s’en rentre chez lui. De son côté Isabelle, fâchée de cette alliance forcée, fuit et tombera sur la demeure de Jack, précédemment croisé en ville. Mais la malchance, le hasard ou le destin fait germer un des haricots magiques entrainant Isabelle et Jack vers le royaume des géants, le danger, l’aventure et l’amour et ouvrant à ces gargantuesques créatures les portes de notre monde, un monde à conquérir.
Quant à Roderick, il compte bien user de cette situation.

Attendre son heure...
Pour être franc, j’ai hésité à aller voir ce film, craignant de m’y ennuyer et de me confronter un film mal fini, exclusivement pour enfants.
J’aurai eu tort, même si « Jack, le chasseur de géants » reste avant tout un divertissement, c’est un divertissement plaisant où l’on ne s’ennuie pas.

Look improbable d'un Dartagnan de série B et pourtant.
Contrairement à ce que l’on aurait pu supposer, les personnages sont plus profonds et plus vrais que les apparences peuvent laisser penser. Pas de sur-jeu ici. Ainsi, Ewan McGregor, fait d’Elmont un véritable gentilhomme, le roi Brahmwell n’est pas qu’un père autoritaire et Isabelle est un peu plus qu’une princesse rebelle.

Vile association.
Côté adversaire, Roderick et son second sont à la hauteur des rôles, manipulateur pour le premier, loufoque pour le second. Quant aux Géants, ils sont loin des êtres bestiaux et stupides que l’on pouvait craindre. Certes ils sont crasseux, mais ils ont une hiérarchie, une vraie stratégie militaire et même des conflits internes. Si je puis dire, ils sont à la hauteur de la tâche. Le chef à double tête, dont l’attitude de l’une n’est pas sans rappeler le Golum de Jackson, est à lui tout seul bien trouvé.
Instinct et ruse.Film d’aventure avant tout, l’action ne retombe pas, l’épique est présent, l’humour est sous-jacent et même si l’acte final est attendu, il y a quelques belles surprises.
Le tout est servi par des effets spéciaux à la hauteur dont la mise en image et en mouvement des géants ainsi qu’une 3D bien utilisée.

En mauvaise posture !
Un film tout public, qui pourra tout de même effrayer les plus jeunes (pas avant 7 ou 8 ans) est qui n’a pour but essentiel de nous divertir. Alors laissez-vous aller… amusez-vous.
