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Eveil-JPG.jpgSalon du Livre de Paris oblige (j'y serai en dédicace le mardi 30 de 16h30 à 21h30), je me devais de vous en donner un peu plus ; voici donc un extrait du chapitre 3 du Dormeur, premier tome du Cycle de l'Eveil.
Vous pourrez y découvrir que le personnage principal de l'histoire, Fabian Latour, a quelques opinions plutôt sectaires et antipathiques.

 

Avant, chapitre 2 : http://fredericgobillot.over-blog.fr/article-le-dormeur-chapitre-2-40344886.html

 

 

 

            - Que se passe-t-il ?

           L’interrogation était chargée de surprise et d’impatience. Fabian regardait avec incrédulité la masse de gens qui avait envahi une partie du campus avant d’être freinée dans sa progression par la sécurité. Ils devaient être plus de deux cents brandissant des pancartes et des banderoles et vociférant quelques slogans au son de percussions rythmiques. En sortant de ses cours, Fabian s’était dirigé vers le parking surveillé du campus pour rentrer chez lui. Il était inévitablement tombé sur la manifestation, car il s’agissait bien de cela. Il avait eu un moment de recul et d’angoisse avant de constater que les agents de sécurité, même peu nombreux, avaient encerclé la menace. Aussi, comme d’autres étudiants, il s’était approché pour en savoir plus.

            Sur les étendards des manifestants, plusieurs accroches étaient lisibles : « Radioactivité = Anormalité », « isotope c’est pas le top », « radiations attention » et quelques autres dans le même style. La foule des opposants au nucléaire était des plus bigarrées. Les âges variaient de jeune adulte à la soixantaine dépassée. La majorité des personnes étaient de race blanche avec une proportion honnête de noirs mais aussi quelques nord-africains et de plus rares asiatiques. Parmi cette disparité d’individus, quelques traits communs pouvaient cependant être isolés. Tout d’abord, la plupart d’entre eux portaient au moins une pièce de vêtement ou un artifice de couleur verte. La multiplicité des divers tons de vert donnait à l’ensemble mouvant un air de feuillage de printemps. Ensuite au moins une personne sur deux affichait ostensiblement soit le trident cerclé symbole de paix universelle depuis le milieu du siècle dernier, soit la croix à trois branches courbes et terminées en spirales, le Triskel, symbolisant la planète et reprise par les écologistes de tout poil. Enfin, les manifestants étaient plutôt du genre décontracté aussi bien dans leur coupe de cheveux «au vent » et souvent méchée de vert, que dans leur tenue vestimentaire ample, légère et colorée.

            Après cette courte observation, Fabian allait se retirer quand il aperçut son ami Marc qui avait dû finir plus tôt son après-midi. Habituellement, les mardis, il terminait après Fabian. Marc s’était approché du cordon de sécurité afin de discuter avec les manifestants, avant d’être repoussé en arrière par les agents privés engagés par l’université et chargés de la protection des locaux comme de celle des étudiants. Visiblement, Marc avait engagé la discussion avec l’un des membres de la sécurité afin qu’il puisse retourner parler avec le groupuscule pro-écologiste. Il se voyait opposer une interdiction ferme et résolue. Fabian arriva à sa hauteur.

            - Marc, tu sais ce qu’ils veulent ?

            Ne pouvant pas convaincre le service d’ordre, Marc cessa son argumentation avec l’homme au visage sévère pour se retourner vers son ami. Il lui adressa un de ses sourires immaculés de blancheur et de sympathie. Il s’éloigna du cordon de sécurité en invitant Fabian à le suivre. Ce que fit le jeune homme tout en écoutant les explications de son camarade.

            D’après ce qu’avait pu comprendre Marc, ils étaient là pour s’opposer à une transaction qui devait avoir lieu les jours prochains entre l’université Descartes et la société Radon X. Il semblait que cette dernière était prête à fournir des éléments radioactifs nouveaux au département de physique nucléaire de l’établissement afin que celui-ci puisse faire travailler ses étudiants dessus. Radon X apportait également du matériel d’études et d’isolement approprié et Descartes s’engageait à fournir à son généreux mécène tous résultats qu’ils obtiendraient lors de ses travaux sur ces isotopes. Bien entendu si ce genre de contrats était chose courante entre les écoles privées et les sociétés, ils ne traitaient que rarement de sujets aussi délicats.

            En fait, ni Marc, ni Fabian n’avaient entendu parler de cette association entre Descartes et Radon X, ce qui leur laissait un doute sur la validité des informations qu’avaient pu obtenir les manifestants. Mais, après tout et vu le sujet, il était probable que le directeur monsieur Mourier avait voulu garder le secret tant que l’affaire n’était pas conclue. Mais comme disait Marc, il y avait dû avoir quelques fuites radioactives interpellant certains écologistes. Là où Marc doutait le plus, c’était sur l’objet de la transaction. De nos jours les sociétés étaient devenues paranoïaques, voyant de l’espionnage industriel à chaque coin de rue. Ainsi, même si elles pouvaient s’associer avec des universités afin d’avoir un droit de regard sur leurs travaux et une priorité sur leurs meilleurs éléments, il semblait peu probable qu’elle confie à des étudiants de nouveaux produits de recherche. A moins, bien sûr, que ces nouveautés ne soient que les moins prometteuses de leur pool de nouveautés et que l’entreprise en question n’ait ni de temps, ni d’argent à perdre dans des recherches sans espoir ou intérêt financier réel.

Pour Marc, il y avait donc là une ambiguïté à lever, s’agissait-il d’une vraie info ou d’une erreur d’interprétation de la part du manifestant auquel il n’avait pu s’adresser que brièvement. Pour Fabian, il n’y avait là rien d’extraordinaire. Ils avaient a faire soit à des écolos attardés qui n’avaient rien compris une fois de plus et qui avaient choisi leur version des faits afin d’aller semer un peu la zizanie, soit carrément à un faux prétexte d’écolos de la Zone afin de chercher à mettre en difficulté une université d’élites. De toute façon, ils avaient forcément tort et n’étaient pas dignes d’intérêt. Il était d’ailleurs étonné que le service de sécurité de l’université n’ait pas fait appel à la police pour évacuer le campus.

Marc ne releva pas de suite les propos catégoriques de Fabian, continuant à l’entraîner à sa suite. Ils avaient fait un grand tour pour arriver à une autre sortie. Celle-ci était limitée aux piétons ne pouvant passer qu’à deux ou trois de front en même temps. Elle se trouvait donc inadéquate pour la foule de manifestants qui s’était imposée à l’entrée principale, débordant la maigre sécurité avant que celle-ci ne puisse se renforcer et se regrouper pour la bloquer. Un bon tiers des écologistes avaient donc pu pénétrer l’enceinte grillagée alors que les deux tiers restant étaient encore à l’extérieur. En comprenant qu’ils se dirigeaient vers la sortie, Fabian s’arrêta, interrogatif.

- Où est-ce que tu m’emmènes au juste ?

Toujours souriant Marc répondit à son ami sur un ton d’évidence absolue.

- La sécurité est obtuse, le seul moyen de discuter avec ces gens c’est de contourner le problème.

- Discuter avec eux ? Des zonards ? Mais t’es devenu dingue ?

Le ton horrifié de Fabian ne décontenança pas Messian.

- Nous ne risquons rien Fab, nous allons juste parler avec des personnes civilisées.

- Ces parasites n’ont rien de nos critères de civilisation, ce sont des barbares.

- Excuse-moi, mais ce n’est pas l’impression que me donnent ces manifestants. Ils sont sans doute un peu allumés et la tête dans les nuages, mais ils me semblent plutôt pacifiques. Ils n’ont rien d’écoterroristes. Et c’est seulement par le dialogue que l’on peut se comprendre et pas en restant derrière nos grilles dorées.

- C’est absurde.
         Mais le ton de Fabian avait changé et Marc savait que même si le garçon était réticent et peu rassuré, il allait tout de même le suivre. Marc ne pensait pas l’avoir convaincu, mais Fabian était du genre plutôt suiveur que décideur. Par ailleurs Fabian avait toute confiance en Marc, peut-être à tort et dans tous les cas la présence du jeune homme le rassurait et lui permettait souvent d’en faire plus qu’il ne le ferait seul. Latour n’en restait pas moins prudent et se promettait bien de garder ses distances d’avec ces attardés sociaux, et de ne faire qu’une brève incursion dans ce monde de fous.

 

La suite :

http://fredericgobillot.over-blog.fr/article-le-dormeur-chapitre-3-extrait-n-2-opale-et-antoine-47535430.html



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Tag(s) : #Le Cycle de l'Eveil
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