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DOCTEUR FRANKENSTEIN
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Tout le monde connait l’histoire du Monstre de Frankenstein… Enfin presque. Tiré de l’œuvre de Mary Shelley (1797-1851), cette nouvelle adaptation prend l’histoire un peu plus en amont et donne une vision inhabituelle, en particulier de ce bon Victor.

 

Victor Frankenstein (James McAvoy) est un jeune homme, étudiant à l’université de médecine dont il considère les membres comme bien trop frileux. Fils d’une famille relativement aisé et quelques peu en froid avec son père (Charles Dance qui décidément a du mal avec ses enfants – il est Tiwin Lanister), il pratique des expériences non avouables dans le sous-sol de sa maison à partir de restes animaux. C’est lors d’une de ses virées pour récupérer de la matière première qu’il tombe sur le clown bossu d’un cirque (Daniel Radcliffe).

                         

Bouc émissaire des autres artistes, admiratif de la trapéziste Loreleï (Jessica Brown Findlay) celui-ci a pour seul plaisir l’étude de la médecine et de l’anatomie humaine. 

Reconnaissant ses capacités, Victor le libère du cirque afin qu’il devienne son indispensable bras-droit, voir plus, tant les capacités et les idées de celui qu’il nomme Igor complète les siennes.

Ensemble, ils vont donc s’atteler à une tâche démentielle redonner la vie à la mort puisque Victor, athée parmi les athées, part du principe que si la vie n’est qu’un fugace passage, son pendant, la mort peut l’être tout autant. Un parcours qui mènera bien sûr (et pas comme on le voit classiquement) au fameux monstre.

Cependant les deux manipulateurs de la vie – ou plutôt de la mort – vont se retrouver confronter à un policier acharné et religieux fanatique Roderick Turpin (Andrew Scott). Leur route recroisera bien sûr la belle Lorelei…

                                                   

Scénarisé Max Landis (Chronicle entre autre) et réalisé par Paul Mc Guian, Docteur Frankenstein s’avère un film tout à fait convenable avec une approche assez différente du sujet comme je l’ai dit en introduction. De fait le monstre, même s’il joue son rôle de révélateur ne fait qu’une relativement courte apparition sur la fin, le film s’attardant plus sur les personnalités de Victor et Igor.

À ce petit jeu-là, la palme revient clairement à James McAvoy qui incarne un scientifique torturé. Omnibulé par son but qui prend racine dans une ancienne tragédie. Il joue un personnage à la limite d’une folie relative, tellement pris dans son projet qu’il en devient incapable d’y percevoir une quelconque abomination morale ou physique. Et étonnement, Victor n’est pas mauvais, il œuvre pour le bien avec une naïveté presque enfantine.

                                     

Igor qui partage pourtant son idolâtrie pour la médecine et qui se sent redevable à ce Victor libérateur et seul ami se retrouve parfois en acteur tout aussi fanatisé, parfois en observateur plus objectif, en particulier grâce à Loreleï. Daniel Radcliffe, acteur au physique tout de même particulier, lui apporte cette touche de doute entre la conscience de la folie qu’ils entreprennent et son amitié devenue indéfectible, mais aussi entre le servile clown maltraité qu’il fut et l’homme de raison qui se redresse.

                      

Outre ces deux beaux rôles traités avec une belle maîtrise, il faut ajouter celle d’Andrew Scott, policier en un sens tout aussi fanatique que Victor dont il est le pendant religieux. Il est d’ailleurs intéressant de voir que face à la mort, les deux hommes ont réagi très différemment. Ce miroir nous vaudra un beau (mais court) débat entre la vie essence divine et la vie purement matérielle. Lui aussi vogue à la limite de la folie, faisant même plus peur que Victor. Là aussi une belle interprétation.

      

Quelques moments de tensions et d’actions se glissent dans le film, en particulier au début lors de la fuite du cirque de celui qui deviendra Igor. Pour cette séquence la mise en scène très dynamique et séquencée n’est pas sans me rappeler celle de Sherlock Holmes (avec R. Downey Jr et Jude Law). Dommage qu’elle ne soit pas réutilisée par la suite.

Autre élément très intéressant, mais hélas surtout usité qu’au début, est la vision en surimpression de l’anatomie sur un corps telle que peut le percevoir un médecin au-delà de l’apparence. De belles planches anatomiques qui me font songer aux dessins magnifiques de la BD Licorne (Mathieu Gabella et Anthony Jean – Delcourt). L’idée est bien vue.

L’esthétisme global du film très victorien, ocre été sombre m’a vraiment séduit.

                       

Un film réussi, que j’ai apprécié, même si, pour une raison que je n’arrive pas à définir, je ne le classerais pas au top.

Pas pour tout public... évidemment.

Tag(s) : #Chronique Cinéma
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